Avant propos

Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. "Jacques Prévert"
Bienvenue dans le site de l’info la plus « frèch » d’Alsace ! Je vous propose des articles avec ma liberté de ton habituelle. Des journalistes sont aussi invités. Bien à vous. Maxime Gruber.

mercredi 3 décembre 2025

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg...

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg, témoigne.

Il est l'un des inconnus les plus célèbres de Strasbourg et le mérite bien, non, il mérite mieux !




L'urgence sociale
On en avait entendu parler pendant la campagne des municipales de 2020. Un leitmotiv répété à l'envie par Madame la maire de Strasbourg, mais cela restera qu'un slogan. « Le bouclier social », présenté depuis la campagne des municipales comme l’une des préoccupations centrales de l’exécutif, peine. Pour se démarquer des anciens mandats de la mairie, la misère ne sera plus calfeutrée, escamotée comme dans certaines villes actuelles, aux alentours de Strasbourg.

Faut-il l'exhiber ? La municipalité strasbourgeoise le fait avec un résultat opposé aux attentes. Pire, l'habitude de côtoyer des sans-abri a pris le pas, avec un rejet pour certains habitants ayant un toit au-dessus de leur tête.

Cette accoutumance va accentuer les clivages des Strasbourgeois, riches et pauvres confondus.

Le choc visuel
Ce samedi 22 novembre, après avoir assisté à la marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci, où je vis, Jeanne Barseghian avec son aréopage, venus souriants et pressés d'en finir. Je partis comme un bon piéton, en direction de la gare.

Ville déjà festive, les préparatifs pour le marché de Noël vont bon train, la plupart des futurs emplacements sont encore fermés au public, mais le féérique est là.

En arrivant à la rue de l'Outre, c'est la claque. Sous les arcades, dans le froid, un alignement de matelas, au loin trône le grand sapin de la place Kléber. La joie se mélange au malheur, les strass et les sacs de couchage, la misère et l'opulence. On peut parler d'un choc visuel sans aucune compassion.

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Le choc des réseaux sociaux
Il n'y a personne près des matelas, je laisse passer les touristes et prends des photos. Publiées sur ma page Facebook, le nombre de visionnages devient surprenant, les commentaires aussi. Je demande pourquoi les élus n'agissent pas, certains lecteurs me suivent. D'autres voulant défendre la municipalité disent que c'est à la charge de l'État, la belle affaire. On me prend à partie, je peux héberger les SDF, certains commentaires vont plus loin, les SDF ont choisi la rue, pire, ils sont irrécupérables. Encore d'autres messages sont tout simplement racistes, on prétend que les images sont créées avec l'intelligence artificielle. Les bonnes intentions se mélangent au pire…

Un proche de la municipalité me fait un tutoriel, le voici :

Maxime Gruber Petit tuto pour recevoir le prix Nobel de la paix :

Petit 1 : (Écrivez, ça va vous servir.) Arrêtez de pointer du doigt les gens de la ville.
Petit 2 : Arrêtez de faire des posts pour dénoncer (car ça ne sert visiblement pas à grand-chose).
Petit 3 : Pour que les choses bougent, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que ça marche, mais en agissant nous-mêmes. Donc je vous en prie : aidez les gens de la ville, ou prenez un sans-abri sous votre aile !
Petit 4 : Donnez ne serait-ce que 3 € et un bonjour : ce serait déjà une grande avancée. (Mais nous savons tous que la plupart ne le font pas car « il ne faut pas leur donner d’argent sinon ils vont s’acheter de la binouze ! »… Et ce sont ces mêmes personnes qui s’offusquent encore et toujours qu’ils soient dehors.)
Petit 5 : Si vous faites tout cela, alors oui, vous pourrez vous offusquer de la situation…
Petit 6 : Et si j’étais vous, j’accepterais la critique : ça forge le caractère et le civisme.

À bon entendeur, Monsieur Gruber.


Ces gens là... Monsieur !
La conclusion est qu'il n'a rien à voir, observer, je dois circuler en regardant ailleurs… Des personnes autrement sérieuses veillent.


La machine s'emballe !
En moins de 24 heures, le cap des 100 000 vues est atteint. Et, cela continue, je reçois un message d'une personnalité politique m'indiquant que je devrai m'occuper de sa communication.
Nous sommes à 212 000 vues et ce n'est pas fini. Je ne suis donc pas le seul à ressentir un malaise, l'affaire devient sérieuse.




Mais le meilleur reste à venir.

Éric, le propriétaire du matelas, me contacte.

Voici un message privé étonnant :

« Puis-je vous contacter ? La photo que vous avez prise est ma chambre à coucher. Merci. »

Je l'appelle de suite. Voici l'histoire d'Éric racontée par lui même :

« Je suis venu sur Strasbourg il y a 6 ans.

Avant cela, je travaillais non loin de Haguenau, j'avais tout, j'étais mon propre patron pendant 12 ans, j'avais une brasserie. Ensuite, j'ai tout vendu pour venir à Strasbourg.

Et, entre la vie paisible à Haguenau et celle de Strasbourg avec des personnes très différentes… il y a beaucoup de stress. De plus, j'avais un cancer à l'époque, j'ai fait un burn-out !

Plus envie de rien, j'étais couché toute la journée. Et, après, alcool aidant, on va pas se voiler la face, j'ai tout lâché. Et, en fin de compte, ma femme m'a quitté. Un jour bien sûr, je savais que ça allait me tomber dessus, huissier, police, serrurier et voilà, on vous laisse une heure pour faire vos bagages. Et je suis parti avec ma valise, mon sac à dos, sous les arcades de la rue de l'Outre. Nous sommes deux à partager l'endroit, moi et mon ami Souleymane avec nos matelas. Depuis une dizaine d'années, il est à la rue, et il a un problème avec la préfecture qui refuse de faire ses papiers. Avec son frère, il a engagé une procédure avec un avocat, on attend le résultat.

Personnellement, mon assistante sociale m'a grandement aidé et avec quatre dossiers, dont un pour un logement d'urgence… »

 
Un contexte délétère
Éric a lu les messages désobligeants à son endroit sur ma page Facebook, il me pose une question :

« En tout cas, dénigrer, comme certains de vos commentateurs, comment appelle-t-on ça ? »

Je lui réponds : « Des contradicteurs malintentionnés », et que je me réjouis d'entendre qu'il veuille s'en sortir.

Il précise que beaucoup attendent leurs papiers. Pour lui c'est sa carte d'identité, la majorité sont sur liste d'attente.

« J'ai 55 ans et toujours travaillé, en commençant à l'âge de 14 ans. Et, mes demandes actuelles à la mairie ne sont jamais considérées. Ainsi, je dois attendre, ce qui n'est pas le cas des hébergés dans le Tiny House près du port du Rhin, des migrants de l'Est. Quotidiennement, ils viennent au centre-ville. Et, nous, nous ne comptons pas ? Et, ne me parlez pas de racisme de ma part, mon ami et compagnon de chambrée, Souleymane est noir.

Certains des commentaires de votre page disent que si on est dans la rue, c'est parce qu'on est alcoolique et drogué. Ce n'est pas vrai, et nous sommes de plus en plus nombreux à la rue, et même des jeunes filles ! »

L'hommage « aux morts de la rue »
Ce samedi 1er novembre, Éric voit Mme la maire participant à l'hommage « aux morts de la rue » devant l'église Saint-Pierre-le-Vieux, à Strasbourg.

Il veut l'interpeller au sujet des logements vides dans la ville. Si elle ne pouvait pas en libérer quelques-uns pour raison sociale, faire un geste. Elle est partie de suite, des policiers l'entouraient. Il n'y aura pas de dialogue, de réponse.

Éric ne demande pas de logements de luxe pour lui et ses compagnons d'infortune, mais de petits studios. Pour qu'on ait une clé, pour qu'on puisse être au chaud, pour qu'on puisse bien dormir tranquillement, qu'on ne se fasse pas grimper dessus la nuit par des souris et des rats. C'est infernal.

Éric fait une comparaison avec les travaux pharaoniques de la ville.

« Pourquoi faire des pistes cyclables au prix de millions d'euros, en laissant la misère se propager ? Pourquoi installer des arceaux à vélos, partout ? À la Meinau, les soirs de match, quand je passe là-bas, il y a une vingtaine de vélos accrochés pour 300 arceaux. Le sens des priorités de la mairie est insensé. »



Rapt du matelas et des effets d'Éric.
Les sans-abri apprécient les maraudes distribuant nourriture, vêtements. Sans oublier l'aide des citoyens et des voisins. Éric a de bons rapports avec les commerçants de sa rue, selon lui, on peut se débrouiller pour ne pas avoir faim à Strasbourg. Nous avons aussi les Restos du cœur, dorénavant appelé "La Fringale", la maraude musulmane, il y a une petite maraude des infirmières.

La crainte vient d'ailleurs, des services de la mairie !

Viennent-t-ils vous voir ? Ma question se voulait anodine, la réponse est cinglante.

« Ah non. Justement, ce jeudi passé, trois jours avant la prise de vos photos, un ami me cherchait en vélo et me dit : Éric, file à ton squat et dépêche-toi. Ils sont en train de tout enlever.
Alors, j'ai couru vers la rue de l'Outre, et quand je suis arrivé, il y avait une camionnette de la mairie. Ils avaient tout chargé dans le véhicule, quatre policiers municipaux étaient autour.
J'arrive et commence à m'énerver. Un policier me dit que c'est trop tard : on vous avait prévenu ! Alors, je demande : qui m'a prévenu ?
Entre temps, mon ami Souleymane a emmené ses affaires plus loin.
Les miennes sont parties pour la déchetterie. C'est impressionnant, tout le matériel était neuf, on me l'avait donné, ce n'était pas de la récupération ! »


La bienveillance des Strasbourgeois, des voisins et des touristes
Des passants qui le connaissaient ont vu son désarroi. Une demi-heure après, ils sont de retour et lui remettent des couettes et des couvertures. Éric précise que les commerçants sont toujours bienveillants, les Strasbourgeois et les touristes aussi.

Éric veut travailler
Je décide d'aller sur place en soirée. Trois personnes sont sous les arcades, je reconnais de suite, Éric, grâce à sa photo dans Facebook. Un homme alerte ayant l'aspect d'une personne sans histoire, un Strasbourgeois comme il y en a d'autres.

À mon grand étonnement, il me reconnaît de suite et vient à moi. Ses amis bienveillants le suivent. Je ne m'étais pas trompé, ce sont des types bien, nous sommes un peu émus. Eric s'excuse étant un peu honteux de sa situation. Je le rassure, personne n'est immunisé de ce genre de descente aux enfers.

Pourquoi veut-il un lieu propre et une douche pour s'en sortir ? Pour être présentable à son futur emploi.


« Imaginez-vous comme un boucher-cuisinier allant travailler de cette façon, se levant sous les arcades, sans se doucher, sans se raser. J'ai toujours été propre sur moi, mais là, je ne pourrai pas. Les cuisiniers doivent être présentables en allant au travail et commencent le matin à 8 heures ou 9 heures du matin. Les douches des associations n'ouvrent qu'à 9 heures. Ainsi, je serai continuellement en retard. Il est inconcevable de travailler et de dormir dehors… »

Son ami Souleymane, à son tour, me parle longuement de ses galères. Il a fait ses études en France mais ne parvient pas à avoir depuis une bonne décennie les papiers de la préfecture. Il confirme la confiscation des affaires d'Éric. Leur anonymat imposé, leur transparence voulue. Heureusement, des associations veillent.

Comment donner le coup de pouce pour qu'Éric retrouve un emploi.
Je vais droit au but : boit-t-il ? Il répond : modérément.

Mon ultime question :

« Au cas où vous trouveriez un appartement chaud avec une salle de bain, que vous ayez des vêtements corrects, vous pourriez immédiatement travailler ? »

Sa réponse en un mot : oui !


Ainsi, je peux remettre son CV à toute personne intéressée, merci de me le demander par mail.


Maxime Gruber.
maxime.gruber.presse@gmail.com


lundi 1 décembre 2025

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg...

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg, témoigne.

Il est l'un des inconnus les plus célèbres de Strasbourg et le mérite bien, non, il mérite mieux !





L'urgence sociale
On en avait entendu parler pendant la campagne des municipales de 2020. Un leitmotiv répété à l'envie par Madame la maire de Strasbourg, mais cela restera qu'un slogan. « Le bouclier social », présenté depuis la campagne des municipales comme l’une des préoccupations centrales de l’exécutif, peine. Pour se démarquer des anciens mandats de la mairie, la misère ne sera plus calfeutrée, escamotée comme dans certaines villes actuelles, aux alentours de Strasbourg.

Faut-il l'exhiber ? La municipalité strasbourgeoise le fait avec un résultat opposé aux attentes. Pire, l'habitude de côtoyer des sans-abri a pris le pas, avec un rejet pour certains habitants ayant un toit au-dessus de leur tête.

Cette accoutumance va accentuer les clivages des Strasbourgeois, riches et pauvres confondus.

Le choc visuel
Ce samedi 22 novembre, après avoir assisté à la marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci, où je vis, Jeanne Barseghian avec son aréopage, venus souriants et pressés d'en finir. Je partis comme un bon piéton, en direction de la gare.

Ville déjà festive, les préparatifs pour le marché de Noël vont bon train, la plupart des futurs emplacements sont encore fermés au public, mais le féérique est là.

En arrivant à la rue de l'Outre, c'est la claque. Sous les arcades, dans le froid, un alignement de matelas, au loin trône le grand sapin de la place Kléber. La joie se mélange au malheur, les strass et les sacs de couchage, la misère et l'opulence. On peut parler d'un choc visuel sans aucune compassion.



Le choc des réseaux sociaux
Il y a personne près des matelas, je laisse passer les touristes et prends des photos. Publiées sur ma page Facebook, le nombre de visionnages devient surprenant, les commentaires aussi. Je demande pourquoi les élus n'agissent pas, certains lecteurs me suivent. D'autres voulant défendre la municipalité disent que c'est à la charge de l'État, la belle affaire. Certains me prennent à partie, je peux héberger les SDF, certains commentaires vont plus loin, les SDF ont choisi la rue, pire, ils sont irrécupérables. Encore d'autres messages sont tout simplement racistes, on prétend que les images sont créées avec l'intelligence artificielle. Les bonnes intentions se mélangent au pire…

Un proche de la municipalité me fait un tutoriel, le voici :

Maxime Gruber Petit tuto pour recevoir le prix Nobel de la paix :

Petit 1 : (Écrivez, ça va vous servir.) Arrêtez de pointer du doigt les gens de la ville.
Petit 2 : Arrêtez de faire des posts pour dénoncer (car ça ne sert visiblement pas à grand-chose).
Petit 3 : Pour que les choses bougent, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que ça marche, mais en agissant nous-mêmes. Donc je vous en prie : aidez les gens de la ville, ou prenez un sans-abri sous votre aile !
Petit 4 : Donnez ne serait-ce que 3 € et un bonjour : ce serait déjà une grande avancée. (Mais nous savons tous que la plupart ne le font pas car « il ne faut pas leur donner d’argent sinon ils vont s’acheter de la binouze ! »… Et ce sont ces mêmes personnes qui s’offusquent encore et toujours qu’ils soient dehors.)
Petit 5 : Si vous faites tout cela, alors oui, vous pourrez vous offusquer de la situation…
Petit 6 : Et si j’étais vous, j’accepterais la critique : ça forge le caractère et le civisme.

À bon entendeur, Monsieur Gruber.


Ces gens là... Monsieur !
La conclusion est qu'il n'a rien à voir, observer, je dois circuler en regardant ailleurs… Des personnes autrement sérieuses veillent.


La machine s'emballe !
En moins de 24 heures, le cap des 100 000 vues est atteint. Et, cela continue, je reçois un message d'une personnalité politique m'indiquant que je devrai m'occuper de sa communication.
Nous sommes à 212 000 vues et ce n'est pas fini. Je ne suis donc pas le seul à ressentir un malaise, l'affaire devient sérieuse.




Mais le meilleur reste à venir.

Éric, le propriétaire du matelas, me contacte.

Voici un message privé étonnant :

« Puis-je vous contacter ? La photo que vous avez prise est ma chambre à coucher. Merci. »

Je l'appelle de suite. Voici l'histoire d'Éric racontée par lui même :

« Je suis venu sur Strasbourg il y a 6 ans.

Avant cela, je travaillais non loin de Haguenau, j'avais tout, j'étais mon propre patron pendant 12 ans, j'avais une brasserie. Ensuite, j'ai tout vendu pour venir à Strasbourg.

Et, entre la vie paisible à Haguenau et celle de Strasbourg avec des personnes très différentes… il y a beaucoup de stress. De plus, j'avais un cancer à l'époque, j'ai fait un burn-out !

Plus envie de rien, j'étais couché toute la journée. Et, après, alcool aidant, on va pas se voiler la face, j'ai tout lâché. Et, en fin de compte, ma femme m'a quitté. Un jour bien sûr, je savais que ça allait me tomber dessus, huissier, police, serrurier et voilà, on vous laisse une heure pour faire vos bagages. Et je suis parti avec ma valise, mon sac à dos, sous les arcades de la rue de l'Outre. Nous sommes deux à partager l'endroit, moi et mon ami Souleymane avec nos matelas. Depuis une dizaine d'années, il est à la rue, et il a un problème avec la préfecture qui refuse de faire ses papiers. Avec son frère, il a engagé une procédure avec un avocat, on attend le résultat.

Personnellement, mon assistante sociale m'a grandement aidé et avec quatre dossiers, dont un pour un logement d'urgence… »

 
Un contexte délétère
Éric a lu les messages désobligeants à son endroit sur ma page Facebook, il me pose une question :

« En tout cas, dénigrer, comme certains de vos commentateurs, comment appelle-t-on ça ? »

Je lui réponds : « Des contradicteurs malintentionnés », et que je me réjouis d'entendre qu'il veuille s'en sortir.

Il précise que beaucoup attendent leurs papiers. Pour lui c'est sa carte d'identité, la majorité sont sur liste d'attente.

« J'ai 55 ans et toujours travaillé, en commençant à l'âge de 14 ans. Et, mes demandes actuelles à la mairie ne sont jamais considérées. Ainsi, je dois attendre, ce qui n'est pas le cas des hébergés dans le Tiny House près du port du Rhin, des migrants de l'Est. Quotidiennement, ils viennent au centre-ville. Et, nous, nous ne comptons pas ? Et, ne me parlez pas de racisme de ma part, mon ami et compagnon de chambrée, Souleymane est noir.

Certains des commentaires de votre page disent que si on est dans la rue, c'est parce qu'on est alcoolique et drogué. Ce n'est pas vrai, et nous sommes de plus en plus nombreux à la rue, et même des jeunes filles ! »

L'hommage « aux morts de la rue »
Ce samedi 1er novembre, Éric voit Mme la maire participant à l'hommage « aux morts de la rue » devant l'église Saint-Pierre-le-Vieux, à Strasbourg.

Il veut l'interpeller au sujet des logements vides dans la ville. Si elle ne pouvait pas en libérer quelques-uns pour raison sociale, faire un geste. Elle est partie de suite, des policiers l'entouraient. Il n'y aura pas de dialogue, de réponse.

Éric ne demande pas de logements de luxe pour lui et ses compagnons d'infortune, mais de petits studios. Pour qu'on ait une clé, pour qu'on puisse être au chaud, pour qu'on puisse bien dormir tranquillement, qu'on ne se fasse pas grimper dessus la nuit par des souris et des rats. C'est infernal.

Éric fait une comparaison avec les travaux pharaoniques de la ville.

« Pourquoi faire des pistes cyclables au prix de millions d'euros, en laissant la misère se propager ? Pourquoi installer des arceaux à vélos, partout ? À la Meinau, les soirs de match, quand je passe là-bas, il y a une vingtaine de vélos accrochés pour 300 arceaux. Le sens des priorités de la mairie est insensé. »



Rapt du matelas et des effets d'Éric.
Les sans-abri apprécient l'aide des maraudes distribuant nourriture, vêtements. Sans oublier l'aide des citoyens et des voisins. Éric a de bons rapports avec les commerçants de sa rue, selon lui, on peut se débrouiller pour ne pas avoir faim à Strasbourg. Nous avons aussi les Restos du cœur, dorénavant appelé "La Fringale", la maraude musulmane, il y a une petite maraude des infirmières.

La crainte vient d'ailleurs, des services de la mairie !

Viennent-t-ils vous voir ? Ma question se voulait anodine, la réponse est cinglante.

« Ah non. Justement, ce jeudi passé, trois jours avant la prise de vos photos, un ami me cherchait en vélo et me dit : Éric, file à ton squat et dépêche-toi. Ils sont en train de tout enlever.
Alors, j'ai couru vers la rue de l'Outre, et quand je suis arrivé, il y avait une camionnette de la mairie. Ils avaient tout chargé dans le véhicule, quatre policiers municipaux étaient autour.
J'arrive et commence à m'énerver. Un policier me dit que c'est trop tard : on vous avait prévenu ! Alors, je demande : qui m'a prévenu ?
Entre temps, mon ami Souleymane a emmené ses affaires plus loin.
Les miennes sont parties pour la déchetterie. C'est impressionnant, tout le matériel était neuf, on me l'avait donné, ce n'était pas de la récupération ! »


La bienveillance des Strasbourgeois, des voisins et des touristes
Des passants qui le connaissaient ont vu son désarroi. Une demi-heure après, ils sont de retour et lui remettent des couettes et des couvertures. Éric précise que les commerçants sont toujours bienveillants, les Strasbourgeois et les touristes aussi.

Éric veut travailler
Je décide d'aller sur place en soirée. Trois personnes sont sous les arcades, je reconnais de suite, Éric, grâce à sa photo dans Facebook. Un homme alerte ayant l'aspect d'une personne sans histoire, un Strasbourgeois comme il y en a d'autres.

À mon grand étonnement, il me reconnaît de suite et vient à moi. Ses amis bienveillants le suivent. Je ne m'étais pas trompé, ce sont des types bien, nous sommes un peu émus. Eric s'excuse étant un peu honteux de sa situation. Je le rassure, personne n'est immunisé de ce genre de descente aux enfers.

Pourquoi veut-il un lieu propre et une douche pour s'en sortir ? Pour être présentable à son futur emploi.


« Imaginez-vous comme un boucher-cuisinier allant travailler de cette façon, se levant sous les arcades, sans se doucher, sans se raser. J'ai toujours été propre sur moi, mais là, je ne pourrai pas. Les cuisiniers doivent être présentables en allant au travail et commencent le matin à 8 heures ou 9 heures du matin. Les douches des associations n'ouvrent qu'à 9 heures. Ainsi, je serai continuellement en retard. Il est inconcevable de travailler et de dormir dehors… »

Son ami Souleymane, à son tour, me parle longuement de ses galères. Il a fait ses études en France mais ne parvient pas à avoir depuis une bonne décennie les papiers de la préfecture. Il confirme la confiscation des affaires d'Éric. Leur anonymat imposé, leur transparence voulue. Heureusement, des associations veillent.

Comment donner le coup de pouce pour qu'Éric retrouve un emploi.
Je vais droit au but : boit-t-il ? Il répond : modérément.

Mon ultime question :

« Au cas où vous trouveriez un appartement chaud avec une salle de bain, que vous ayez des vêtements corrects, vous pourriez immédiatement travailler ? »

Sa réponse en un mot : oui !


Ainsi, je peux remettre son CV à toute personne intéressée, merci de me le demander par mail.


Maxime Gruber.
maxime.gruber.presse@gmail.com



lundi 29 septembre 2025

Désorienté par la politique de la ville ? Prenez votre « boussole » !

Désorienté par la politique de la ville ? Prenez votre « boussole » !

L'appel du 26 septembre à Strasbourg de Chantal Cutajar présidente du mouvement CAP 21.


L'assemblée a eu lieu dans la magnifique salle du FEC de Strasbourg. Les candidats de l'arc républicain pour les élections municipales ont été invités ; frileux, ils se sont excusés. Thibaut Vinci mandaté par le Parti radical de gauche pour ces élections est présent. La salle se remplit progressivement d'une quarantaine de personnes.
Un détail important, au milieu de l'assemblée, une grande représentation d'une boussole est posée au sol. L'emblème de cet appel au rassemblement.

Ambiance studieuse et bon enfant, bien loin des réunions emplies de drames et d'allusions déplacées, coutumières de certains mouvements politiques.




Les quatre points cardinaux
La boussole nous avait dévoilé les thèmes pour des propositions urgentes et concrètes.

République & laïcité – le cadre commun
Co-construire la démocratie – la méthode
Exemplarité des élus – la garantie
Protéger le vivant – la finalité


Du 15 au 18 septembre, un travail collectif a été fait pour dégager des propositions urgentes et concrètes. “Nous ne voulons pas d’un catalogue de mesures technocratiques. Nous voulons des propositions simples, concrètes, issues du terrain, capables de changer la vie des Strasbourgeois dans les six prochains mois de l’alternance.”

Chantal Cutajar présente la méthodologie de la boussole
« Ce n’est pas un simple constat. C’est une alerte.
Une alerte sur l’état de notre démocratie, de notre ville, de notre avenir commun.
Alors ce soir, nous allons oser quelque chose d’audacieux. Nous allons poser ensemble un cap collectif parce que : ce n’est pas un simple constat. C’est une alerte sur l’état de notre démocratie, de notre ville, de notre avenir commun... Mais soyons lucides : il n’y aura pas de changement sans un véritable rassemblement qui dépasse les étiquettes partisanes où les citoyens exigent de leurs responsables politiques qu’ils laissent de côté leurs rivalités pour se mobiliser enfin pour le bien commun.
C’est cette exigence, qui a donné naissance à la Boussole de Strasbourg. »


Les invités s'expriment
On apprend que des acteurs de différentes associations ont une démarche similaire pour la transparence dans une véritable démocratie locale sont présents et apprécient la démarche. Chacun à son tour, ils prennent la parole pour un pragmatisme au-delà des clivages politiques.

Voici les propositions suite aux quatre réunions à thèmes

1er pôle : La République et la laïcité – le cadre commun
Dès le premier conseil municipal, une proposition sera adoptée pour une Charte de la laïcité et des valeurs républicaines pour la Ville de Strasbourg.

« Chaque année, Strasbourg organisera la cérémonie solennelle des « Jeunes citoyens européens de Strasbourg ». Les élèves de CM2 recevront un diplôme symbolique affirmant leur double appartenance à la République et à l’Europe démocratique.

2ème pôle : La méthode : la co-construction
La proposition est de créer une Assemblée de la Participation Citoyenne – permanente et tripartite – avec des citoyens, des élus et des agents publics à parts égales.

Et, aussi... un Guichet citoyen pour l’Europe — un lieu simple, proche et efficace. Pour expliquer ce que l’Europe peut faire pour nous : aides, programmes, opportunités — sans jargon, avec des exemples concrets.

3ème pôle : l’exemplarité des élus – la garantie
Il s'agit d'un projet de création d’un Code de déontologie municipal contraignant pour les élus de Strasbourg, adopté en Conseil municipal et assorti d’un comité de suivi citoyen. Et, l'instauration d'une Journée européenne de l’intégrité publique, chaque 9 décembre, date de la Journée internationale de lutte contre la corruption. Vaste programme.

4ème pôle : la finalité, protéger le vivant
La proposition est emblématique, dès les six premiers mois de l’alternance, Strasbourg deviendra la première grande ville européenne à déployer un système municipal d’alerte climatique en temps réel.

Il s'agit de protéger le vivant de manière utile et concrète pour :
sauver des vies lors des canicules, réduire la pollution, créer des emplois locaux et valoriser nos chercheurs et nos laboratoires. Le tout avec un comité éthique et citoyen, garantissant la transparence, la protection des données et la priorité donnée aux plus fragiles.

Chantal Cutajar - La Boussole - Cap 21



Appel au rassemblement
Chantal Cutajar précise que les propositions sont pour tous les Strasbourgeois et strasbourgeoises et à tous les candidats déjà déclarés et celles et ceux qui voudraient se présenter.
La raison de la boussole ?
« Strasbourg n’a pas besoin d’une alternance molle, ni d’un rejet par défaut. Elle a besoin d’une refondation démocratique et éthique.
Le rassemblement que nous appelons, ce n’est pas celui des étiquettes ou des calculs d’appareil.
C’est celui du bien commun. »


Un rapprochement du PRG avec Cap21 ?
Thibault Vinci candidat du PRG semble séduit par cette démarche, il faut l'avouer, aux antipodes des grandes messes électorales. Son parti va-t-il se munir de la Boussole pour un partenariat avec Cap21 ? C'est possible.
La réunion se finit par la signature de la grande image de la Boussole posée au sol par les participants et les invités.

La Boussole devient itinérante pour se rapprocher de vous.
Dans les prochaines semaines, la Boussole s’installera dans plusieurs quartiers.
Elle partagera les propositions issues des réunions, recueillera des contributions et élargira le consensus autour du cap adopté.

Les premières étapes :
4 octobre : Marché des Producteurs, rue de la Douane
11 octobre : Marché du Neudorf
18 octobre : Marché de la Marne

Bon vent à la Boussole et bon cap !

Maxime Gruber


dimanche 14 septembre 2025

« La Boussole », une démarche citoyenne pour restaurer la confiance des Strasbourgeois

« La Boussole », une démarche citoyenne pour restaurer la confiance des Strasbourgeois

Suite au séisme du sondage Ifop mettant à mal la mairie verte, il est temps pour l'éventuelle alternance de repartir sur des bases réellement démocratiques et éthiques


Voici une conférence de presse qui tombe fort à propos
Ce 10 septembre 2025, Chantal Cutajar, présidente de CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen, a présenté l’opération « La Boussole », une méthode faisant sourire la mairie de Strasbourg et ses médias inféodés. Pourquoi prendre au sérieux ce petit poisson politique ? Mais, depuis ce 12 septembre-là, la publication du sondage Ifop, seuls 27 % des Strasbourgeois souhaitent la réélection de l'équipe de Jeanne Barseghian, contre 70 % qui y sont opposés. Le plus fort rejet national.
Contre toute attente, les petits poissons opposés à la baleine de la majorité municipale se sont mués en piranhas. Les apparences sont trompeuses et la réalité des élections en plein COVID a montré les limites. La baleine est, depuis le début du mandat, qu'un tigre de papier.




Le constat étriqué de la mairie : une crise de confiance à Strasbourg
Entourée de Murzieh Flaischer, de Aïssata Licop et de Thierry Parat, Chantal Cutajar nous dresse un constat des plus alarmants.
  • La démocratie locale s’est réduite à des consultations de façade, comme l’a illustré l’échec du projet de tram nord retoqué par la commission d’enquête.
  • Les fractures sociales se creusent : dans plusieurs quartiers, les habitants expriment un sentiment d’abandon et de défiance.
  • L’écologie, pourtant essentielle, est trop souvent perçue comme punitive, imposée sans concertation ni pédagogie.
  • Enfin, certains gestes symboliques – comme le retrait du drapeau israélien de l’Hôtel de Ville – ont fragilisé le cadre républicain et la cohésion de la ville. La conclusion est sans appel :
« Strasbourg a perdu son cap. Quand une ville perd son cap, elle se condamne à l’abstention ou à la colère. La Boussole veut redonner du sens et une direction claire. Les Strasbourgeois n’attendent pas des promesses, ils attendent qu’on les respecte, qu’on les écoute et qu’on les associe aux décisions. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas l’expertise, c’est la confiance. »



La démarche de la Boussole
Il s'agit de répondre aux attentes des Strasbourgeois.
Une démocratie réellement partagée : initiative et contrôle citoyen.
Une écologie réconciliée avec l’économie, positive et concrète.
Des élus exemplaires et transparents.
Plus de sécurité, de solidarité et de perspectives pour l’avenir.

Quatre réunions
La Boussole propose des soirées publiques de 18h30 à 20h30 sur ces quatre thèmes.
15 septembre : République & laïcité – le cadre commun
16 septembre : Co-construire la démocratie – la méthode
17 septembre : Exemplarité des élus – la garantie
18 septembre : Protéger le vivant – la finalitéDeux propositions seront formulées à chaque soirée :
Une locale pour le quotidien des Strasbourgeois
Une européenne, pour affirmer Strasbourg comme capitale européenne.

La participation est gratuite, mais l'inscription est obligatoire.
https://fr.surveymonkey.com/r/PDDSK8D



L’Assemblée du CAP collectif et partagé
Ce sera le 26 septembre à 18h30 à la salle Léon XIII au FEC de Strasbourg au
17 Pl. Saint-Étienne, 67000 Strasbourg.

Vous serez les acteurs de :
« La restitution et la validation des propositions issues des soirées.
La signature collective sur une grande boussole au sol : un symbole fort et visuel.
L'adoption d’un cap collectif et partagé pour Strasbourg.»

« Un moment fondateur pour poser publiquement les bases d’un rassemblement large et crédible pour 2026, enraciné localement et tourné vers l’Europe.
Cette démarche n’est pas une addition de partis ni une candidature solitaire.
C’est une initiative citoyenne et politique pour fixer un cap commun.
Tous ceux qui adhèrent à ce cap, citoyens et représentants élus, sont appelés à contribuer. »

« Une boussole pour retrouver un cap »




Maxime Gruber











lundi 1 septembre 2025

Strasbourg, relaxe pour un point interrogation, la démocratie respire !

Strasbourg, relaxe pour un point interrogation, la démocratie respire !

Face au tribunal : Alain Peters, retraité sans histoire, contre l'adjointe à la mairie de Strasbourg chargée de la tranquillité publique, Nadia Zourgui.


« Il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits »  
Beaumarchais.




Une joute a commencé par un point d'interrogation ! Et, finit dans une sorte de bric-à-brac judiciaire. Mais, ce n'est nullement la faute des magistrats essayant de dénouer la pelote de laine de la partie civile.

Il était une fois sur Facebook…
C'était une époque lointaine où les trolls étaient moins virulents et les discussions plus osées. Nous sommes en janvier 2024, je ne donnerai pas le jour exact pour ne pas tomber dans la chausse-trape où s'est fourvoyée la partie civile. Comme cette dernière souhaite préserver l'anonymat de ses sources, je ne divulguerai pas les noms des débatteurs du réseau social Facebook.

Un échange de messages part en quenouille, monsieur "X" tacle la mairie de Strasbourg, un défendeur lui fait la morale. Cela part en sucette, Monsieur "X" sort son joker et relate une embauche étonnante à la mairie avec une suspicion de favoritisme. Tout le monde se quitte fâché et les principaux concernés par l'affaire reçoivent moult captures d'écran envoyées par des « amis » sur l'empoignade virtuelle.

L'effet boule de neige.
On aurait pu en rester là, mais tous les moqueurs relaient l'info, monsieur "X" est rejoint par monsieur "Y", et c'est au tour d'Alain Peters de s'en amuser par un message imagé dont il a le secret. Direct, frontal, voici le texte : 

 « La vie merveilleuse des Strasbourgeois de tous poils… Notre adjointe à la tranquilosité (sic) publique, Nadia Zourgui, s'est offert les services d'un expert qu'elle connait bien puisque c'est le fils de sa copine… Il s'agit de Nicolas Bickel en charge à l'Eurométropole de la « préfiguration* de la tranquillité publique » (sic!!!) VOUS AVEC DIT NÉPOTISME ? *Préfiguration : ce qui annonce un événement futur sous une forme imparfaite »

Le terme en majuscule, avant le point d’interrogation, est de trop, le piège se referme sur Alain Peters. Ainsi, il paiera pour les autres.




Réaction rapide de la mairie.
Les rumeurs sur « la toile » s'emballent, les contradicteurs sont sur le qui vive, les proches de la mairie se réjouissent. Le 5 février 2024, le conseil municipal de la ville de Strasbourg octroie la protection fonctionnelle à Mme Nadia Zourgui, une des élues concernées dans cette affaire « Facebook », une affaire qui faisait seulement sourire. Ainsi, on va passer aux choses sérieuses.

Ce n'est pas une première, la maire Jeanne Barseghian ayant obtenu cette même protection, le 3 mai 2021, ni une dernière... depuis, d'autres adjoints en bénéficient. 
Le contribuable et les contributeurs se font une joie de participer financièrement aux passes d'armes des élus au tribunal. C'est aussi un signal fort contre les contradicteurs, laissant plus d'espace aux proches de la mairie dans les réseaux sociaux...

Nous allons passer de la farce à la tragi-comédie.
Un commissaire de justice a signifié la citation à comparaître. Un document remis à Alain Peters, un simple citoyen poursuivi, car les deux cibles initiales, les découvreurs de l'affaire, messieurs "X" et "Y" ne sont pas impliqués faute de preuves.
Le motif de la plainte ? 
Voici un extrait : 
… « Conformément à la demande de monsieur le procureur de la République. Je vous fais connaître que vous êtes poursuivi pour les raisons exposées sur la cellule. Motif principal, atteinte à l'honneur ou à la considération d'un fonctionnaire, personne dépositaire de l'autorité publique, citoyen chargé d'un service public. » 

Que le spectacle commence ! 

Le tribunal correctionnel de Strasbourg, ce 28 août 2025.
Ce procès est assez révélateur d'une liberté d'expression que l'on ne peut pas jauger sans parti pris. La sensation d'être le témoin d'un naufrage ou d'une montagne donnant naissance à une micro-souris. Alain Peters, Strasbourgeois de 74 ans est à la barre.
La juge Louise Oddoux précise pourquoi il est assigné : pour diffamation envers Nadia Zourgui.
Les messieurs "X" et "Y" sont souvent cités comme les instigateurs de l'affaire et le seront pendant toute la séance. Cela peut indiquer que les mailles du filet étaient trop lâches. Plus positivement, on pourrait penser qu'ils n'ont pas enfreint la loi.

Le point d'interrogation n'est pas considéré par la loi… 
On va directement au vif du sujet, à l'élément qui a réuni les protagonistes au tribunal. L'image incriminée n'est pas un photomontage, plutôt une banale mise en page avec le terme posant un problème : un mot de trop avec un point d'interrogation, à la fin.
Il pourrait s'agir d'un questionnement, mais visiblement, cette subtilité de la langue française n'est pas considérée par la loi. Ainsi, ce questionnement est une affirmation.
Pour se défausser, Alain Peters précise : « Je pratique une forme d’humour qui n’est pas partagée par tout le monde ». 

Le grand problème, les documents remis à la justice.
Nadia Zourgi est à la barre, elle doit expliquer un imbroglio pour ses preuves, en nous expliquant que ses contacts de Facebook lui ont fourni de nombreuses captures. Elle indique aussi, n'avoir pas ou plus de liens avec le trio moqueur sur ce réseau social.
Nadia Zourgi précise que la plainte est fondée sur des documents dont le nom des expéditeurs est tronqué pour ne pas divulguer leur identité. Étrange comportement, on est en droit de se demander si les généreux donateurs des captures d'écrans sont des militants, des trolls, ou des personnes impliquées dans l'affaire. Les magistrats paraissent à la peine pour trouver la date des documents, puis ta-dam !

Me Arnaud Dupuy, avocat de Nadia Zourgui, sort de sa manche un nouveau document remis la veille du procès. À vrai dire, non, il s'agit d'un document similaire, avec une autre date. On se noie dans des débats procéduraux complexes... Remarquons que l'avocat indique que ce nouveau document n'a pas été authentifié par un commissaire de justice.

En défense, Me Francis Metzger profite de cet embarras pour demander tout simplement la prescription des faits. Les magistrats vont délibérer à ce sujet.

À la suite de la non-prescription, les débats continuent.
Nadia Zourgui est de nouveau à la barre, elle précise : 

« Cela laisse sous-entendre qu’on recrute ses amis. Je connais effectivement ce monsieur, mais je n’ai pas participé au premier, ni au deuxième jury de son entretien. Ce post est une atteinte à mon honneur. Je ne peux pas accepter qu’on remette en cause ma probité et qu’on m’accuse de népotisme »... 

C'est au tour d'Alain Peters, il subit de vives critiques à la barre. Me Arnaud Dupuy, tonne : « On ne peut pas rire de tout ! » Comme journaliste satirique, j'ai failli tomber de mon siège.
Il continue... « On a le droit à la liberté d’expression, mais pas de rire de tout et de n’importe quoi ! »

On enfonce le clou : « Vous avez vérifié ? » interroge la présidente de la chambre des vacations.

Avec un flegme certain, Alain Peters répond : « J’ai pris quelques éléments disponibles sur les réseaux sociaux ». Cela ne va pas calmer la vindicte du procureur de la république, Yann Martinez, pas assez proche de son micro, donc presque inaudible dans la salle.
La formule de ne pas rire de tout est reprise, en la mêlant aux plus grands drames de l'humanité du 20e et 21e siècle, provoquant un certain malaise. L'excès de caricatures pour un simple mot sur Facebook peut être incommodant. Le procureur de la république rejette les justifications du prévenu, notant que la publication « est assumée de manière relative ».
Il requiert la condamnation du prévenu, au motif de « propos infamants » et de « l’absence de vérifications »

 La défense argumente et sort deux jokers. Après un préambule sur l'histoire du népotisme, visiblement bien ancré dans la culture française, des exemples de personnes politiques françaises de premier plan, malmenées et moquées, mais ayant la hauteur de ne pas y répondre.

Me Francis Metzger, cite Chantal Cutajar, maître de conférences HDR, droit privé et sciences criminelles à l'université de Strasbourg. Il s'agit d'un message sur sa page Facebook au sujet de la protection fonctionnelle de Mme Zourgui.
Voici le texte :

« Critiquer une élue, est-ce risquer la justice ? »
« Le 5 février dernier, le Conseil municipal de Strasbourg a voté l’attribution de la protection fonctionnelle à Mme Nadia Zourgui. Adjointe à la Maire, pour lui permettre de poursuivre en diffamation un citoyen à la suite d’un post Facebook mettant en cause une nomination municipale. Oui, la loi du 21 mars 2024 permet de protéger les élus lorsqu’ils sont attaqués dans le cadre de leurs fonctions. Mais ici, aucune information n’a été donnée publiquement en Conseil municipal sur le contenu du post en cause, la personne visée ou les faits précis. La plainte est engagée à titre personnel, mais financée par des crédits municipaux, sans débat démocratique réel. Une élue dispose de plusieurs moyens institutionnels pour répondre à une critique : une déclaration publique, une mise au point, un droit de réponse. Mais, judiciariser la parole d’un citoyen, c’est franchir un seuil politique sensible. Cela crée un climat de dissuasion, au détriment du débat démocratique. »




La salle silencieuse semble figée.
Puis, Me Francis Metzger, montre un nouveau message Facebook, cette fois-ci de Nadia Zourgui célébrant un mariage auquel la personne embauchée, mari de sa meilleure amie est bien présent.

Me Francis Metzger conclut en soulignant « la bonne foi » de son client qui « s’est exprimé dans un but légitime, sans aucune animosité personnelle » au regard du « débat démocratique », sur la base d’une publication de l’élue où l’on aperçoit l’homme en question lors du mariage d’une proche.

Fort de son effet, il lance une tirade du mariage de Figaro de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais :

 « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ; il n'y a que les petits hommes, qui redoutent les petits écrits. »

Le verdict.
Les documents partiellement anonymisés, des captures d’écran rognées pour préserver le nom de ceux qui l’ont informée des publications sur Facebook n’ont pas permis la datation exacte de l'émission du post.
Le prévenu a été relaxé. L’élue a annoncé, par le biais de son avocat, son intention de faire appel de la décision.
On pourra certainement savoir, par cet éventuel appel, qui sont les informateurs.

Que penser de cette mini-affaire ?
Si ce jugement était confirmé en appel, il rappellerait une évidence : critiquer un élu, même avec un humour grinçant, n’est pas un délit, mais un droit. La démocratie s’en porterait mieux, et le débat public aussi.
Toutefois, les messages écrits pour nuire, la délation, la diffamation et l'usurpation des noms dans les réseaux sociaux, si courants en cette période électorale, doivent être combattus avec la plus grande fermeté.

Maxime Gruber

mercredi 27 août 2025

La gestion foutraque des transports de la Maison Départementale des personnes handicapées.

Ne tirez pas sur l'ambulance !!!

La gestion foutraque des transports de la Maison Départementale des personnes handicapées.


Le transport des élèves handicapés est un marché lucratif.
Chaque élève, en ayant la nécessité, se voit attribuer l'obtention d'un transport spécialisé, avec deux trajets quotidiens, entre son domicile et son établissement scolaire.
C'est la section « Transport » de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui est chargée de l'attribution par un appel d'offre.




Contes et légendes des retards..
La MDPH est connue pour ses délais à rallonge et ses procédures interminables ! Nous ne sommes pas loin des contes et légendes, des retards et des oublis à la personne.


Nous avons l'exemple d'une fille entrant cette année en seconde, dans un lycée à Haguenau. Alors que la rentrée est prévue pour ce lundi 1er septembre, personne, ni à la direction, ni dans le service concerné, est en mesure de transmettre à ses parents le nom de l'entreprise choisie.
Cela engendre un stress et des désagréments d'organisation évidents.

Une société Parisienne pour Strasbourg.

Et, ce n'est qu'une redite par rapport à l'année passée, ce qui présage le pire.
L'an dernier, encore une fois, cette attribution a été faite « au dernier moment ».
Confiée à une société PARISIENNE, alors que nous sommes à Strasbourg, cette dernière joint les parents, le dimanche soir à 21H30, pour informer du trajet le lendemain à sept heures !
Néanmoins, le trajet n'aura pas lieu. La société choisie ne disposait pas de chauffeur, ni même de véhicule adapté. Elle attendait cette attribution pour commander le véhicule, avec un délai d'un mois pour l'obtenir. Embaucher les chauffeurs !
Comment a-t-on attribué le marché à une société disposant de... rien ?
Question des plus intéressantes.

Changement de société aux forceps.
Plusieurs heures de négociations ont été nécessaires (et de nombreux échanges écrits musclés) pour que « la société » abandonne son marché, et qu'il soit confié « en urgence » au Taxi du Dôme, qui disposait des véhicules et des salariés nécessaires, et de la compétence.

L'enfant handicapé, n'étant pas un client comme les autres. 
Ainsi, cette année, c'est « rebelote ». À ce jour, la MDPH est en incapacité de donner le nom de la personne chargée de ce transport, deux jours ouvrés avant celui-ci. Ni même dans quelles conditions ces transports auront lieu.

Une plainte contre le MDPH.
En conséquence, le père, excédé par ces attributions « obscures de dernière minute », attaque la MDPH au tribunal administratif, en référé, en réclamant une astreinte journalière. Ceci afin de pouvoir confier sa fille à un transporteur digne de ce nom, en capacité de tenir ses engagements.


Xavier Boulanger













²

vendredi 11 juillet 2025

Saverne. Canicule au conseil municipal. « Sea, sex and Sun » mais pas trop.

Saverne. Canicule au conseil municipal et ce n'était pas « Sea, sex and Sun ».
Quoique...


On me disait : « Les conseils municipaux, c'est chronophage et on perd le plus souvent son temps. » C'est vrai, mais, le diable est dans les détails.


Le seul moyen, quand tout est verrouillé, pour comprendre une situation opaque, est de scruter les mimiques et les propos de la réunion.

On me disait aussi : « tu ne te préoccupes plus de Saverne, il n'y en a que pour Strasbourg... » C'est juste, assurément, la vie est plus trépidante dans la capitale de l'Alsace. La politique et les conseils municipaux sont un spectacle tonitruant, loin de la magnifique chape posée sur Saverne. Sans oublier cette vieille tradition savernoise d'ostracisme exacerbé, vous avez plus de chance de voir une poule avec des dents qu'une salutation du premier adjoint. L'opposition n'est pas en reste. Cette tradition étant des plus lourdes, mes escapades hors de Saverne, pourtant capitale de la fête orchestrée par le maire himself et de la bière, sont salutaires...


Un conseil municipal pris au vol

Encore la tête pleine du tonitruant CM de Strasbourg, me voici devant mon écran avec une invitation à suivre en direct celui de Saverne.
Attention, c'est du temps réel, du flux tendu. Après cela, la vidéo part dans les nimbes ou dans les archives de la mairie. On s'assoit et on observe sans avoir le mauvais œil et celui du premier adjoint sur le front. La vidéo ouvre de grandes possibilités.


Une réunion ramassée, une caméra sélective.

Ce 30 juin 2025, c'est la fournaise, la canicule. La caméra semble avoir oublié les 21 personnes présentes pour se concentrer sur le maire et son précieux premier adjoint. De grosses bouteilles en verre rappellent qu'il faut s'hydrater sont posées le long des tables.

Le premier adjoint, tel « Don Salluste dans la Folie des Grandeurs», et il n'est plus à cela près, s'aère avec un grand éventail violet.

Ambiance chaude et pesante, on y est, heureusement le reste sera plus aérien.




Les présents

Selon le compte rendu du CM, il y a du monde, même si la caméra ne les montre pas. On peut envisager l'hypothèse que certains soient en vidéo conférence.

Vingt-quatre présents, dont seulement trois opposants. Nous avons huit absents.

Le groupe « réussir Saverne », à l'agonie après la défection de Laurence Wagner, créatrice du groupe et le départ de ses lieutenants, nous fait une résurrection. Ils sont d'après le compte rendu municipal deux dans la salle. La caméra nous en montre un seul, se sont-ils dispersés ?

Le groupe tonitruant des autres opposants, « Unis pour Saverne », constitué de trois personnes, celui qui donnait des sueurs froides et l'ultime perte capillaire du maire, s'est scindé en deux. Après un dernier crêpage de chignon entre la tête de liste Nadine Schnitzler et son second Médéric Haemmerlin, ce dernier est parti de son côté en créant son groupe avec son unique personne.

Les élus de la majorité ont eu l'avantage d'être aux premières loges pour assister à ce sabordage politique, certainement dû à des colères d'égos survitaminés. Bien sûr, des membres de la mairie rompirent l'omerta pour me raconter par le menu cette descente aux enfers. Cela a eu visiblement une incidence sur le CM.


Les absents

Huit absents de la majorité ont échappé à la canicule de la salle du CM. Les manquants, sauf une exception, ont donné une procuration au maire et à ses adjoints. Deux opposants non présents, Cathy Haushalter du groupe « Unis pour Saverne » et Médéric Haemmerlin en déplacement professionnel, n'ont pas fait de procurations. Oubli ? Les vacances ou un manque de motivation ? Ou tout simplement à qui la proposer...


Un CM plus que maitrisé par le maire

La caméra est bien centrée entre le maire et le premier adjoint. On n'aura pas droit au panoramique, ni aux travellings. Une simple petite rotation à gauche pour prendre rapidement en compte les remarques de l'opposition et une autre à droite sur l'adjoint à la culture et aux spectacles.

Nous avons droit à un service minimum visuel. Le CM n'est pas en reste.

Le maire Stéphane Leyenberger est dans sa pleine maturité de... maire.

Tout roule, on voit qu'il ne connait pas trop les dossiers et quelques fois s'en excuse comme si c'était normal. Il passe les plats, les adjoints avec le temps maitrisent leurs sujets et en parlent avec une certaine facilité.

La plupart du temps, le premier adjoint les présente, mais visiblement, vu la densité des articles, les lit en diagonale. Et, forcément, se fait systématiquement piéger par une question sur un détail du dossier. L'opposante, Nadine Schnitzler étant à la manœuvre.

Mais tout cela n'a plus la fougue des toutes premières séances, la chaleur, l'approche des vacances, l'omnipotence du maire ayant dompté le conseil municipal en son entier ?

On le voit jubiler devant autant de déférence et de courbettes à son endroit.

Les beaux et lourds projets pour 2026

Oui, on ne va parler que de chiffres. Les mots « budget maitrisé, on fait au mieux » sont moult fois répétés. Un mélange d'autosatisfaction et de perfection. Nous approchons de la féerie des lendemains qui chantent.

Voici le projet qui marquera les décennies à la gloire de Stéphane Leyenberger. Une construction, un nouvel aménagement qui fera enfin de l'ombre au cinéma de Saverne créé sous le mandat de l'ancien maire Thierry Carbiener.

Ce sera la reconstruction de « l'espace sportif et de loisirs des Dragons », un programme des plus conséquents jouxtant le centre-ville.

Le cout total de l'opération s'élève à 10,85 millions d'euros HT pour la démolition de l'ancien bâtiment, aménager la voirie et le jardin extérieur.

Heureusement, les différents organismes, dont l'État, le Grand-Est, la CeA mettent la main à la poche. Saverne n'aura à payer que 4 350 000 euros.



Il faut enfin penser à la construction de la nouvelle salle, 6 millions d'euros à la charge des savernois, un emprunt sera fait.


Le projet est voté à l'unanimité sans la moindre réplique... Une salle de CM apaisée. La canicule, l'emprise de la majorité sur la minorité ? La lassitude ? 

Petites passes d'armes

À chaque proposition de questions de la mairie, Nadine Schnitzler lève la main. Sur les points techniques ou juridiques, le premier adjoint montre un agacement ensuqué dans la canicule de la salle. Avec un mauvais regard, il lui indique qu'il lui enverra un codicille via mail.
Ça roule...

Pour les questions plus piégeuses, le maire devient le tribun avec quelques chiffres et un cours de morale.
Oui, ça roule...


Les oppositions savernoises

Si l'opposante Nadine Schnitzler semble isolée, entourée de sièges vides au CM. Le groupe de l'opposition « Réussir Saverne » parait avoir réussi sa mue par de nouveaux arrivants paraissant plus proches de la mairie que de l'opposition « Unis pour Saverne ». Le charme du maire ayant dû opérer...

Sébastien Hauber de « Réussir Saverne » montre son allégeance dont voici la primeur :

« Merci, monsieur le Maire, bonsoir à tous. Cela fait un an que je siège parmi vous dans ce conseil municipal, et je trouvais intéressant d'avoir un petit retour sur cette expérience que j'ai eue parmi vous. Moi, je suis issu par mon engagement politique des Gilets jaunes, donc je pense que ma critique peut être intéressante à prendre en compte. Je suis plutôt satisfait de ce qui se passe ici. Je trouve qu'on a beaucoup de chance et je préfère être dans une opposition constructive, donc je pose pas mal de questions. ».

Personnellement, je ne le vis poser qu'une question.

La réponse du maire pourtant appréciant la flagornerie ne se fit pas attendre.

« Merci pour vos remarques préliminaires à votre question et les encouragements et les remarques que vous faites... Les gilets jaunes, ce n'est pas trop ma tasse de thé, mais je vous rejoins quand même sur le fait que notre pays est particulièrement compliqué et de manière excessive. Ça peut rajouter des lenteurs, comme vous le dites, c'est aussi souvent sujet aux dépenses publiques, et ça, c'est encore plus grave. ».

C'est un fonctionnaire qui le dit...




Et, les élections municipales ?

On peut légitimement se poser la question de la réélection de Stéphane Leyenberger au premier tour ou pas.

Malgré son départ du Conseil de l'Europe comme grand administrateur, et que son premier adjoint rêve d'être maire à la place du maire. Il faudra tordre le calendrier ou le cou du député Hetzel pour la prochaine étape dans la cour des grands au national.


Maxime Gruber

lundi 23 juin 2025

Ville de Strasbourg. Le « rouler au pas » est-il traumatique pour nos amis cyclistes ?



Ville de Strasbourg. Le « rouler au pas » est-il traumatique pour nos amis cyclistes Strasbourgeois ? Et le piéton, un délaissé dans la jungle urbaine ?


La ligue contre la violence routière et CAP21 LCR demandent des mesures concrètes et un dialogue avec la municipalité de Strasbourg. Pour marquer les esprits, elle a pris une initiative, panneau à l'appui.




Se déplacer à pied dans notre belle agglomération demande une attention de tous les instants. Une bonne forme physique et avoir une vision panoramique à 360 degrés.
Et, aussi, des nerfs d'acier. Pourquoi existe-t-il autant de rapports de force entre les moyens de transport ?
Pourquoi être constamment dans un sentiment de danger si on est un bipède ?

Une spécificité Strasbourgeoise.
Pourquoi le cycliste de chez nous a un comportement plus exacerbé que le Marseillais et le Lyonnais ?
Les raisons sont multiples. D'abord, il est plus facile d'être un cycliste sur un terrain plat, d'où leur nombre exponentiel. À Lyon et surtout à Marseille, il faut du jarret pour monter les collines ou avoir un bon vélo électrique, convoité par les tire-laines.

La mentalité des habitants de ces trois villes est différente : passer trop près d'un piéton avec son vélo, le klaxonner, voire le vilipender, peut rendre le piéton marseillais ou lyonnais (hors de l'hyper centre pour ce dernier) colérique pour ne pas dire agressif. Un manque de discipline et une insubordination envers ceux sauvant le monde avec leurs mollets ?

Mais, la vraie différence strasbourgeoise est que le cycliste, le héros du mandat municipal, et comme tous les enfants chéris, on le gâte, et pas qu'un peu. Tout lui est dû, il est mis en avant, valorisé par d'imposants travaux au détriment des automobilistes. Les associations de cyclisme, très actives, voire vindicatives, contre les sceptiques à leur cause, sont d'excellents supplétifs pour la défense de la mairie, en passant des pistes cyclables, du culturel au projet avorté du tram nord.
En attendant les élections municipales, où ils seront des acteurs de tout premier plan.
Comme la voiture est en passe d'être blackboulée de la ville, le cycliste règne en maitre. Il est très majoritairement Strasbourgeois, c'est la limite géographique de ce moyen de locomotion.



Et, le piéton ? Il fait ce qu'il peut. En cas de travaux, il doit se débrouiller pour avancer sans encombrer la piste cyclable. S’agissant des grands axes, ils sont désormais dédiés aux mobilités dites « douces », comme le vélo et le tram. Le piéton est simplement intégré dans le package, il devra être en forme et bien voyant. Si ce n'est pas le cas, les témoignages de personnes âgées sont glaçants. Ne pouvant plus disposer d'une voiture, elles sont assignées à résidence. L’avenir nous dira s’il s’agit toujours d’un coup de pédalier vers le progrès. L'inclusif, tellement cité par la maire Jeanne Barseghian n'est qu'une façade.




Entre l’angle de la rue des Grandes Arcades et de la rue des Hallebardes.
Ce 19 juin, à cet endroit précis, Chantal Cutajar, présidente de CAP21 LRC et Claude Lienhard, membre du bureau national de la Ligue contre la violence routière, ont dévoilé un nouveau panneau de signalisation rappelant une évidence trop souvent oubliée : le piéton est prioritaire.

Un panneau symbolique, car non de la mairie, mais qui lui sera présenté l'après-midi même.
Ceux de la municipalité existent, l'un d'entre eux est accroché à un simple poteau de signalisation, à quelques pas du rassemblement. Il semble bien calamiteux par son aspect. Nous rappelons que nous sommes dans un axe piéton, un lieu de passage des plus visités de Strasbourg. Griffé, avec des adhésifs plus ou moins grattés, cabossé, il n'a aucune appétence à être lu. Pire, l'amende forfaitaire est juridiquement infondée selon les organisateurs du rassemblement.




L'appel du 19 juin.
Selon Chantal Cutajar, « cette action est un appel à Strasbourg : pour que la sécurité des plus vulnérables redevienne une priorité. Pour que les règles du vivre-ensemble soient coconstruites, comprises, partagées... Il s'agit de rappeler tout simplement que la rue appartient aussi à celles et ceux qui marchent, à celles et ceux qui sont en situation de mobilité réduite. Cela suppose des règles claires, visibles et partagées. C'est vraiment important ! »

Claude Lienhard continue : « Vous connaissez la Ligue contre la violence routière, avec son objectif principal, zéro accident, et il n'y a pas de petits accidents. Nous n'acceptons pas que les accidents, quels qu'ils soient, soient considérés comme une fatalité.
L'avènement de nouvelles mobilités, qui ne sont pas toujours douces, a créé de nouvelles zones de tension. Elles doivent être régulées en rappelant la règle, la norme. »


Le panneau alternatif est dévoilé.
Il rappelle les règles pour protéger celui qui est le plus vulnérable dans l'espace et dans une ère piétonnière. L'approche se veut pragmatique, il n'y a pas d'idéologie, qui vise simplement à éviter les conflits d'usage. Le panneau indique que les piétons sont prioritaires et ce n'est pas la peine de transiger.
On observe de nouveaux pictogrammes : la famille, un chien, une poussette, une personne âgée et une autre en situation de handicap sont représentés. Ceux qui auront des difficultés à esquiver un deux roues.
Plus bas, les pictogrammes à qui le panneau s'adresse : vélo et trottinette avec l'injonction de rouler au pas.
Le Code de la route définit que la vitesse supérieure ou égale à 6 km/h ne peuvent pas être assimilés à des piétons.
L'arrêté du Code de la route est bien indiqué.

Constat de Claude Lienhard ...
« Le plus gros danger pour les piétons, c'est d'être renversé. Le matin, ce sont les camions de livraison et les voitures posant problème. Un danger particulier pour les camions délicats à conduire dans la foule. Sans oublier les enfants allant à l'école.
Certains cyclistes sont une menace : il n'y a pas une journée sans un quasi-accident. Mais pas de statistiques, les gens n'allant pas à l'hôpital. J'ai le souvenir, il n'y a pas deux mois, d'un monsieur travaillant à la cathédrale, renversé par un jeune homme et une jeune fille qui roulaient un peu vite. Son pantalon était déchiré. Toutefois, ce constat peut varier en fonction de la vulnérabilité de la personne heurtée. Je pense aux personnes âgées qui se fracturent un coude ou une jambe, ce qui est dramatique à cet âge. »




La lettre : "pour une ville apaisée et sûre : renforcer la sécurité des piétons à Strasbourg" destinée à Jeanne Barseghian

CAP 21 - Le Rassemblement Citoyen et la Ligue contre la violence routière (LCVR), dans le cadre d'une action conjointe organisée ce jour, proposent que Strasbourg engage les mesures suivantes :

Audit de la signalétique piétonne à Strasbourg : localisation, lisibilité, conformité.
Campagne visuelle : « Le piéton est prioritaire. Partageons la rue »
coconstruction d’un code citoyen de la rue, avec les habitants, les associations d'usagers et les acteurs de terrain.Selon Chantal Cutajar et Claude Lienhard, "ces propositions sont simples, concrètes et compatibles avec l’esprit de coconstruction que la mairie appelle de ses vœux. Elles peuvent être mises en œuvre à budget maîtrisé, avec un fort impact symbolique et social."

Espérons que la corbeille à papier de Jeanne Barseghian soit loin du bureau.



Maxime Gruber.






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