Avant propos

Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. "Jacques Prévert"
Bienvenue dans le site de l’info la plus « frèch » d’Alsace ! Je vous propose des articles avec ma liberté de ton habituelle. Des journalistes sont aussi invités. Bien à vous. Maxime Gruber.

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mercredi 3 décembre 2025

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg...

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg, témoigne.

Il est l'un des inconnus les plus célèbres de Strasbourg et le mérite bien, non, il mérite mieux !




L'urgence sociale
On en avait entendu parler pendant la campagne des municipales de 2020. Un leitmotiv répété à l'envie par Madame la maire de Strasbourg, mais cela restera qu'un slogan. « Le bouclier social », présenté depuis la campagne des municipales comme l’une des préoccupations centrales de l’exécutif, peine. Pour se démarquer des anciens mandats de la mairie, la misère ne sera plus calfeutrée, escamotée comme dans certaines villes actuelles, aux alentours de Strasbourg.

Faut-il l'exhiber ? La municipalité strasbourgeoise le fait avec un résultat opposé aux attentes. Pire, l'habitude de côtoyer des sans-abri a pris le pas, avec un rejet pour certains habitants ayant un toit au-dessus de leur tête.

Cette accoutumance va accentuer les clivages des Strasbourgeois, riches et pauvres confondus.

Le choc visuel
Ce samedi 22 novembre, après avoir assisté à la marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci, où je vis, Jeanne Barseghian avec son aréopage, venus souriants et pressés d'en finir. Je partis comme un bon piéton, en direction de la gare.

Ville déjà festive, les préparatifs pour le marché de Noël vont bon train, la plupart des futurs emplacements sont encore fermés au public, mais le féérique est là.

En arrivant à la rue de l'Outre, c'est la claque. Sous les arcades, dans le froid, un alignement de matelas, au loin trône le grand sapin de la place Kléber. La joie se mélange au malheur, les strass et les sacs de couchage, la misère et l'opulence. On peut parler d'un choc visuel sans aucune compassion.

Cliquez sur l'image pour accéder au message de la page Facebook


Le choc des réseaux sociaux
Il n'y a personne près des matelas, je laisse passer les touristes et prends des photos. Publiées sur ma page Facebook, le nombre de visionnages devient surprenant, les commentaires aussi. Je demande pourquoi les élus n'agissent pas, certains lecteurs me suivent. D'autres voulant défendre la municipalité disent que c'est à la charge de l'État, la belle affaire. On me prend à partie, je peux héberger les SDF, certains commentaires vont plus loin, les SDF ont choisi la rue, pire, ils sont irrécupérables. Encore d'autres messages sont tout simplement racistes, on prétend que les images sont créées avec l'intelligence artificielle. Les bonnes intentions se mélangent au pire…

Un proche de la municipalité me fait un tutoriel, le voici :

Maxime Gruber Petit tuto pour recevoir le prix Nobel de la paix :

Petit 1 : (Écrivez, ça va vous servir.) Arrêtez de pointer du doigt les gens de la ville.
Petit 2 : Arrêtez de faire des posts pour dénoncer (car ça ne sert visiblement pas à grand-chose).
Petit 3 : Pour que les choses bougent, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que ça marche, mais en agissant nous-mêmes. Donc je vous en prie : aidez les gens de la ville, ou prenez un sans-abri sous votre aile !
Petit 4 : Donnez ne serait-ce que 3 € et un bonjour : ce serait déjà une grande avancée. (Mais nous savons tous que la plupart ne le font pas car « il ne faut pas leur donner d’argent sinon ils vont s’acheter de la binouze ! »… Et ce sont ces mêmes personnes qui s’offusquent encore et toujours qu’ils soient dehors.)
Petit 5 : Si vous faites tout cela, alors oui, vous pourrez vous offusquer de la situation…
Petit 6 : Et si j’étais vous, j’accepterais la critique : ça forge le caractère et le civisme.

À bon entendeur, Monsieur Gruber.


Ces gens là... Monsieur !
La conclusion est qu'il n'a rien à voir, observer, je dois circuler en regardant ailleurs… Des personnes autrement sérieuses veillent.


La machine s'emballe !
En moins de 24 heures, le cap des 100 000 vues est atteint. Et, cela continue, je reçois un message d'une personnalité politique m'indiquant que je devrai m'occuper de sa communication.
Nous sommes à 212 000 vues et ce n'est pas fini. Je ne suis donc pas le seul à ressentir un malaise, l'affaire devient sérieuse.




Mais le meilleur reste à venir.

Éric, le propriétaire du matelas, me contacte.

Voici un message privé étonnant :

« Puis-je vous contacter ? La photo que vous avez prise est ma chambre à coucher. Merci. »

Je l'appelle de suite. Voici l'histoire d'Éric racontée par lui même :

« Je suis venu sur Strasbourg il y a 6 ans.

Avant cela, je travaillais non loin de Haguenau, j'avais tout, j'étais mon propre patron pendant 12 ans, j'avais une brasserie. Ensuite, j'ai tout vendu pour venir à Strasbourg.

Et, entre la vie paisible à Haguenau et celle de Strasbourg avec des personnes très différentes… il y a beaucoup de stress. De plus, j'avais un cancer à l'époque, j'ai fait un burn-out !

Plus envie de rien, j'étais couché toute la journée. Et, après, alcool aidant, on va pas se voiler la face, j'ai tout lâché. Et, en fin de compte, ma femme m'a quitté. Un jour bien sûr, je savais que ça allait me tomber dessus, huissier, police, serrurier et voilà, on vous laisse une heure pour faire vos bagages. Et je suis parti avec ma valise, mon sac à dos, sous les arcades de la rue de l'Outre. Nous sommes deux à partager l'endroit, moi et mon ami Souleymane avec nos matelas. Depuis une dizaine d'années, il est à la rue, et il a un problème avec la préfecture qui refuse de faire ses papiers. Avec son frère, il a engagé une procédure avec un avocat, on attend le résultat.

Personnellement, mon assistante sociale m'a grandement aidé et avec quatre dossiers, dont un pour un logement d'urgence… »

 
Un contexte délétère
Éric a lu les messages désobligeants à son endroit sur ma page Facebook, il me pose une question :

« En tout cas, dénigrer, comme certains de vos commentateurs, comment appelle-t-on ça ? »

Je lui réponds : « Des contradicteurs malintentionnés », et que je me réjouis d'entendre qu'il veuille s'en sortir.

Il précise que beaucoup attendent leurs papiers. Pour lui c'est sa carte d'identité, la majorité sont sur liste d'attente.

« J'ai 55 ans et toujours travaillé, en commençant à l'âge de 14 ans. Et, mes demandes actuelles à la mairie ne sont jamais considérées. Ainsi, je dois attendre, ce qui n'est pas le cas des hébergés dans le Tiny House près du port du Rhin, des migrants de l'Est. Quotidiennement, ils viennent au centre-ville. Et, nous, nous ne comptons pas ? Et, ne me parlez pas de racisme de ma part, mon ami et compagnon de chambrée, Souleymane est noir.

Certains des commentaires de votre page disent que si on est dans la rue, c'est parce qu'on est alcoolique et drogué. Ce n'est pas vrai, et nous sommes de plus en plus nombreux à la rue, et même des jeunes filles ! »

L'hommage « aux morts de la rue »
Ce samedi 1er novembre, Éric voit Mme la maire participant à l'hommage « aux morts de la rue » devant l'église Saint-Pierre-le-Vieux, à Strasbourg.

Il veut l'interpeller au sujet des logements vides dans la ville. Si elle ne pouvait pas en libérer quelques-uns pour raison sociale, faire un geste. Elle est partie de suite, des policiers l'entouraient. Il n'y aura pas de dialogue, de réponse.

Éric ne demande pas de logements de luxe pour lui et ses compagnons d'infortune, mais de petits studios. Pour qu'on ait une clé, pour qu'on puisse être au chaud, pour qu'on puisse bien dormir tranquillement, qu'on ne se fasse pas grimper dessus la nuit par des souris et des rats. C'est infernal.

Éric fait une comparaison avec les travaux pharaoniques de la ville.

« Pourquoi faire des pistes cyclables au prix de millions d'euros, en laissant la misère se propager ? Pourquoi installer des arceaux à vélos, partout ? À la Meinau, les soirs de match, quand je passe là-bas, il y a une vingtaine de vélos accrochés pour 300 arceaux. Le sens des priorités de la mairie est insensé. »



Rapt du matelas et des effets d'Éric.
Les sans-abri apprécient les maraudes distribuant nourriture, vêtements. Sans oublier l'aide des citoyens et des voisins. Éric a de bons rapports avec les commerçants de sa rue, selon lui, on peut se débrouiller pour ne pas avoir faim à Strasbourg. Nous avons aussi les Restos du cœur, dorénavant appelé "La Fringale", la maraude musulmane, il y a une petite maraude des infirmières.

La crainte vient d'ailleurs, des services de la mairie !

Viennent-t-ils vous voir ? Ma question se voulait anodine, la réponse est cinglante.

« Ah non. Justement, ce jeudi passé, trois jours avant la prise de vos photos, un ami me cherchait en vélo et me dit : Éric, file à ton squat et dépêche-toi. Ils sont en train de tout enlever.
Alors, j'ai couru vers la rue de l'Outre, et quand je suis arrivé, il y avait une camionnette de la mairie. Ils avaient tout chargé dans le véhicule, quatre policiers municipaux étaient autour.
J'arrive et commence à m'énerver. Un policier me dit que c'est trop tard : on vous avait prévenu ! Alors, je demande : qui m'a prévenu ?
Entre temps, mon ami Souleymane a emmené ses affaires plus loin.
Les miennes sont parties pour la déchetterie. C'est impressionnant, tout le matériel était neuf, on me l'avait donné, ce n'était pas de la récupération ! »


La bienveillance des Strasbourgeois, des voisins et des touristes
Des passants qui le connaissaient ont vu son désarroi. Une demi-heure après, ils sont de retour et lui remettent des couettes et des couvertures. Éric précise que les commerçants sont toujours bienveillants, les Strasbourgeois et les touristes aussi.

Éric veut travailler
Je décide d'aller sur place en soirée. Trois personnes sont sous les arcades, je reconnais de suite, Éric, grâce à sa photo dans Facebook. Un homme alerte ayant l'aspect d'une personne sans histoire, un Strasbourgeois comme il y en a d'autres.

À mon grand étonnement, il me reconnaît de suite et vient à moi. Ses amis bienveillants le suivent. Je ne m'étais pas trompé, ce sont des types bien, nous sommes un peu émus. Eric s'excuse étant un peu honteux de sa situation. Je le rassure, personne n'est immunisé de ce genre de descente aux enfers.

Pourquoi veut-il un lieu propre et une douche pour s'en sortir ? Pour être présentable à son futur emploi.


« Imaginez-vous comme un boucher-cuisinier allant travailler de cette façon, se levant sous les arcades, sans se doucher, sans se raser. J'ai toujours été propre sur moi, mais là, je ne pourrai pas. Les cuisiniers doivent être présentables en allant au travail et commencent le matin à 8 heures ou 9 heures du matin. Les douches des associations n'ouvrent qu'à 9 heures. Ainsi, je serai continuellement en retard. Il est inconcevable de travailler et de dormir dehors… »

Son ami Souleymane, à son tour, me parle longuement de ses galères. Il a fait ses études en France mais ne parvient pas à avoir depuis une bonne décennie les papiers de la préfecture. Il confirme la confiscation des affaires d'Éric. Leur anonymat imposé, leur transparence voulue. Heureusement, des associations veillent.

Comment donner le coup de pouce pour qu'Éric retrouve un emploi.
Je vais droit au but : boit-t-il ? Il répond : modérément.

Mon ultime question :

« Au cas où vous trouveriez un appartement chaud avec une salle de bain, que vous ayez des vêtements corrects, vous pourriez immédiatement travailler ? »

Sa réponse en un mot : oui !


Ainsi, je peux remettre son CV à toute personne intéressée, merci de me le demander par mail.


Maxime Gruber.
maxime.gruber.presse@gmail.com


lundi 1 décembre 2025

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg...

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg, témoigne.

Il est l'un des inconnus les plus célèbres de Strasbourg et le mérite bien, non, il mérite mieux !





L'urgence sociale
On en avait entendu parler pendant la campagne des municipales de 2020. Un leitmotiv répété à l'envie par Madame la maire de Strasbourg, mais cela restera qu'un slogan. « Le bouclier social », présenté depuis la campagne des municipales comme l’une des préoccupations centrales de l’exécutif, peine. Pour se démarquer des anciens mandats de la mairie, la misère ne sera plus calfeutrée, escamotée comme dans certaines villes actuelles, aux alentours de Strasbourg.

Faut-il l'exhiber ? La municipalité strasbourgeoise le fait avec un résultat opposé aux attentes. Pire, l'habitude de côtoyer des sans-abri a pris le pas, avec un rejet pour certains habitants ayant un toit au-dessus de leur tête.

Cette accoutumance va accentuer les clivages des Strasbourgeois, riches et pauvres confondus.

Le choc visuel
Ce samedi 22 novembre, après avoir assisté à la marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci, où je vis, Jeanne Barseghian avec son aréopage, venus souriants et pressés d'en finir. Je partis comme un bon piéton, en direction de la gare.

Ville déjà festive, les préparatifs pour le marché de Noël vont bon train, la plupart des futurs emplacements sont encore fermés au public, mais le féérique est là.

En arrivant à la rue de l'Outre, c'est la claque. Sous les arcades, dans le froid, un alignement de matelas, au loin trône le grand sapin de la place Kléber. La joie se mélange au malheur, les strass et les sacs de couchage, la misère et l'opulence. On peut parler d'un choc visuel sans aucune compassion.



Le choc des réseaux sociaux
Il y a personne près des matelas, je laisse passer les touristes et prends des photos. Publiées sur ma page Facebook, le nombre de visionnages devient surprenant, les commentaires aussi. Je demande pourquoi les élus n'agissent pas, certains lecteurs me suivent. D'autres voulant défendre la municipalité disent que c'est à la charge de l'État, la belle affaire. Certains me prennent à partie, je peux héberger les SDF, certains commentaires vont plus loin, les SDF ont choisi la rue, pire, ils sont irrécupérables. Encore d'autres messages sont tout simplement racistes, on prétend que les images sont créées avec l'intelligence artificielle. Les bonnes intentions se mélangent au pire…

Un proche de la municipalité me fait un tutoriel, le voici :

Maxime Gruber Petit tuto pour recevoir le prix Nobel de la paix :

Petit 1 : (Écrivez, ça va vous servir.) Arrêtez de pointer du doigt les gens de la ville.
Petit 2 : Arrêtez de faire des posts pour dénoncer (car ça ne sert visiblement pas à grand-chose).
Petit 3 : Pour que les choses bougent, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que ça marche, mais en agissant nous-mêmes. Donc je vous en prie : aidez les gens de la ville, ou prenez un sans-abri sous votre aile !
Petit 4 : Donnez ne serait-ce que 3 € et un bonjour : ce serait déjà une grande avancée. (Mais nous savons tous que la plupart ne le font pas car « il ne faut pas leur donner d’argent sinon ils vont s’acheter de la binouze ! »… Et ce sont ces mêmes personnes qui s’offusquent encore et toujours qu’ils soient dehors.)
Petit 5 : Si vous faites tout cela, alors oui, vous pourrez vous offusquer de la situation…
Petit 6 : Et si j’étais vous, j’accepterais la critique : ça forge le caractère et le civisme.

À bon entendeur, Monsieur Gruber.


Ces gens là... Monsieur !
La conclusion est qu'il n'a rien à voir, observer, je dois circuler en regardant ailleurs… Des personnes autrement sérieuses veillent.


La machine s'emballe !
En moins de 24 heures, le cap des 100 000 vues est atteint. Et, cela continue, je reçois un message d'une personnalité politique m'indiquant que je devrai m'occuper de sa communication.
Nous sommes à 212 000 vues et ce n'est pas fini. Je ne suis donc pas le seul à ressentir un malaise, l'affaire devient sérieuse.




Mais le meilleur reste à venir.

Éric, le propriétaire du matelas, me contacte.

Voici un message privé étonnant :

« Puis-je vous contacter ? La photo que vous avez prise est ma chambre à coucher. Merci. »

Je l'appelle de suite. Voici l'histoire d'Éric racontée par lui même :

« Je suis venu sur Strasbourg il y a 6 ans.

Avant cela, je travaillais non loin de Haguenau, j'avais tout, j'étais mon propre patron pendant 12 ans, j'avais une brasserie. Ensuite, j'ai tout vendu pour venir à Strasbourg.

Et, entre la vie paisible à Haguenau et celle de Strasbourg avec des personnes très différentes… il y a beaucoup de stress. De plus, j'avais un cancer à l'époque, j'ai fait un burn-out !

Plus envie de rien, j'étais couché toute la journée. Et, après, alcool aidant, on va pas se voiler la face, j'ai tout lâché. Et, en fin de compte, ma femme m'a quitté. Un jour bien sûr, je savais que ça allait me tomber dessus, huissier, police, serrurier et voilà, on vous laisse une heure pour faire vos bagages. Et je suis parti avec ma valise, mon sac à dos, sous les arcades de la rue de l'Outre. Nous sommes deux à partager l'endroit, moi et mon ami Souleymane avec nos matelas. Depuis une dizaine d'années, il est à la rue, et il a un problème avec la préfecture qui refuse de faire ses papiers. Avec son frère, il a engagé une procédure avec un avocat, on attend le résultat.

Personnellement, mon assistante sociale m'a grandement aidé et avec quatre dossiers, dont un pour un logement d'urgence… »

 
Un contexte délétère
Éric a lu les messages désobligeants à son endroit sur ma page Facebook, il me pose une question :

« En tout cas, dénigrer, comme certains de vos commentateurs, comment appelle-t-on ça ? »

Je lui réponds : « Des contradicteurs malintentionnés », et que je me réjouis d'entendre qu'il veuille s'en sortir.

Il précise que beaucoup attendent leurs papiers. Pour lui c'est sa carte d'identité, la majorité sont sur liste d'attente.

« J'ai 55 ans et toujours travaillé, en commençant à l'âge de 14 ans. Et, mes demandes actuelles à la mairie ne sont jamais considérées. Ainsi, je dois attendre, ce qui n'est pas le cas des hébergés dans le Tiny House près du port du Rhin, des migrants de l'Est. Quotidiennement, ils viennent au centre-ville. Et, nous, nous ne comptons pas ? Et, ne me parlez pas de racisme de ma part, mon ami et compagnon de chambrée, Souleymane est noir.

Certains des commentaires de votre page disent que si on est dans la rue, c'est parce qu'on est alcoolique et drogué. Ce n'est pas vrai, et nous sommes de plus en plus nombreux à la rue, et même des jeunes filles ! »

L'hommage « aux morts de la rue »
Ce samedi 1er novembre, Éric voit Mme la maire participant à l'hommage « aux morts de la rue » devant l'église Saint-Pierre-le-Vieux, à Strasbourg.

Il veut l'interpeller au sujet des logements vides dans la ville. Si elle ne pouvait pas en libérer quelques-uns pour raison sociale, faire un geste. Elle est partie de suite, des policiers l'entouraient. Il n'y aura pas de dialogue, de réponse.

Éric ne demande pas de logements de luxe pour lui et ses compagnons d'infortune, mais de petits studios. Pour qu'on ait une clé, pour qu'on puisse être au chaud, pour qu'on puisse bien dormir tranquillement, qu'on ne se fasse pas grimper dessus la nuit par des souris et des rats. C'est infernal.

Éric fait une comparaison avec les travaux pharaoniques de la ville.

« Pourquoi faire des pistes cyclables au prix de millions d'euros, en laissant la misère se propager ? Pourquoi installer des arceaux à vélos, partout ? À la Meinau, les soirs de match, quand je passe là-bas, il y a une vingtaine de vélos accrochés pour 300 arceaux. Le sens des priorités de la mairie est insensé. »



Rapt du matelas et des effets d'Éric.
Les sans-abri apprécient l'aide des maraudes distribuant nourriture, vêtements. Sans oublier l'aide des citoyens et des voisins. Éric a de bons rapports avec les commerçants de sa rue, selon lui, on peut se débrouiller pour ne pas avoir faim à Strasbourg. Nous avons aussi les Restos du cœur, dorénavant appelé "La Fringale", la maraude musulmane, il y a une petite maraude des infirmières.

La crainte vient d'ailleurs, des services de la mairie !

Viennent-t-ils vous voir ? Ma question se voulait anodine, la réponse est cinglante.

« Ah non. Justement, ce jeudi passé, trois jours avant la prise de vos photos, un ami me cherchait en vélo et me dit : Éric, file à ton squat et dépêche-toi. Ils sont en train de tout enlever.
Alors, j'ai couru vers la rue de l'Outre, et quand je suis arrivé, il y avait une camionnette de la mairie. Ils avaient tout chargé dans le véhicule, quatre policiers municipaux étaient autour.
J'arrive et commence à m'énerver. Un policier me dit que c'est trop tard : on vous avait prévenu ! Alors, je demande : qui m'a prévenu ?
Entre temps, mon ami Souleymane a emmené ses affaires plus loin.
Les miennes sont parties pour la déchetterie. C'est impressionnant, tout le matériel était neuf, on me l'avait donné, ce n'était pas de la récupération ! »


La bienveillance des Strasbourgeois, des voisins et des touristes
Des passants qui le connaissaient ont vu son désarroi. Une demi-heure après, ils sont de retour et lui remettent des couettes et des couvertures. Éric précise que les commerçants sont toujours bienveillants, les Strasbourgeois et les touristes aussi.

Éric veut travailler
Je décide d'aller sur place en soirée. Trois personnes sont sous les arcades, je reconnais de suite, Éric, grâce à sa photo dans Facebook. Un homme alerte ayant l'aspect d'une personne sans histoire, un Strasbourgeois comme il y en a d'autres.

À mon grand étonnement, il me reconnaît de suite et vient à moi. Ses amis bienveillants le suivent. Je ne m'étais pas trompé, ce sont des types bien, nous sommes un peu émus. Eric s'excuse étant un peu honteux de sa situation. Je le rassure, personne n'est immunisé de ce genre de descente aux enfers.

Pourquoi veut-il un lieu propre et une douche pour s'en sortir ? Pour être présentable à son futur emploi.


« Imaginez-vous comme un boucher-cuisinier allant travailler de cette façon, se levant sous les arcades, sans se doucher, sans se raser. J'ai toujours été propre sur moi, mais là, je ne pourrai pas. Les cuisiniers doivent être présentables en allant au travail et commencent le matin à 8 heures ou 9 heures du matin. Les douches des associations n'ouvrent qu'à 9 heures. Ainsi, je serai continuellement en retard. Il est inconcevable de travailler et de dormir dehors… »

Son ami Souleymane, à son tour, me parle longuement de ses galères. Il a fait ses études en France mais ne parvient pas à avoir depuis une bonne décennie les papiers de la préfecture. Il confirme la confiscation des affaires d'Éric. Leur anonymat imposé, leur transparence voulue. Heureusement, des associations veillent.

Comment donner le coup de pouce pour qu'Éric retrouve un emploi.
Je vais droit au but : boit-t-il ? Il répond : modérément.

Mon ultime question :

« Au cas où vous trouveriez un appartement chaud avec une salle de bain, que vous ayez des vêtements corrects, vous pourriez immédiatement travailler ? »

Sa réponse en un mot : oui !


Ainsi, je peux remettre son CV à toute personne intéressée, merci de me le demander par mail.


Maxime Gruber.
maxime.gruber.presse@gmail.com



dimanche 14 septembre 2025

« La Boussole », une démarche citoyenne pour restaurer la confiance des Strasbourgeois

« La Boussole », une démarche citoyenne pour restaurer la confiance des Strasbourgeois

Suite au séisme du sondage Ifop mettant à mal la mairie verte, il est temps pour l'éventuelle alternance de repartir sur des bases réellement démocratiques et éthiques


Voici une conférence de presse qui tombe fort à propos
Ce 10 septembre 2025, Chantal Cutajar, présidente de CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen, a présenté l’opération « La Boussole », une méthode faisant sourire la mairie de Strasbourg et ses médias inféodés. Pourquoi prendre au sérieux ce petit poisson politique ? Mais, depuis ce 12 septembre-là, la publication du sondage Ifop, seuls 27 % des Strasbourgeois souhaitent la réélection de l'équipe de Jeanne Barseghian, contre 70 % qui y sont opposés. Le plus fort rejet national.
Contre toute attente, les petits poissons opposés à la baleine de la majorité municipale se sont mués en piranhas. Les apparences sont trompeuses et la réalité des élections en plein COVID a montré les limites. La baleine est, depuis le début du mandat, qu'un tigre de papier.




Le constat étriqué de la mairie : une crise de confiance à Strasbourg
Entourée de Murzieh Flaischer, de Aïssata Licop et de Thierry Parat, Chantal Cutajar nous dresse un constat des plus alarmants.
  • La démocratie locale s’est réduite à des consultations de façade, comme l’a illustré l’échec du projet de tram nord retoqué par la commission d’enquête.
  • Les fractures sociales se creusent : dans plusieurs quartiers, les habitants expriment un sentiment d’abandon et de défiance.
  • L’écologie, pourtant essentielle, est trop souvent perçue comme punitive, imposée sans concertation ni pédagogie.
  • Enfin, certains gestes symboliques – comme le retrait du drapeau israélien de l’Hôtel de Ville – ont fragilisé le cadre républicain et la cohésion de la ville. La conclusion est sans appel :
« Strasbourg a perdu son cap. Quand une ville perd son cap, elle se condamne à l’abstention ou à la colère. La Boussole veut redonner du sens et une direction claire. Les Strasbourgeois n’attendent pas des promesses, ils attendent qu’on les respecte, qu’on les écoute et qu’on les associe aux décisions. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas l’expertise, c’est la confiance. »



La démarche de la Boussole
Il s'agit de répondre aux attentes des Strasbourgeois.
Une démocratie réellement partagée : initiative et contrôle citoyen.
Une écologie réconciliée avec l’économie, positive et concrète.
Des élus exemplaires et transparents.
Plus de sécurité, de solidarité et de perspectives pour l’avenir.

Quatre réunions
La Boussole propose des soirées publiques de 18h30 à 20h30 sur ces quatre thèmes.
15 septembre : République & laïcité – le cadre commun
16 septembre : Co-construire la démocratie – la méthode
17 septembre : Exemplarité des élus – la garantie
18 septembre : Protéger le vivant – la finalitéDeux propositions seront formulées à chaque soirée :
Une locale pour le quotidien des Strasbourgeois
Une européenne, pour affirmer Strasbourg comme capitale européenne.

La participation est gratuite, mais l'inscription est obligatoire.
https://fr.surveymonkey.com/r/PDDSK8D



L’Assemblée du CAP collectif et partagé
Ce sera le 26 septembre à 18h30 à la salle Léon XIII au FEC de Strasbourg au
17 Pl. Saint-Étienne, 67000 Strasbourg.

Vous serez les acteurs de :
« La restitution et la validation des propositions issues des soirées.
La signature collective sur une grande boussole au sol : un symbole fort et visuel.
L'adoption d’un cap collectif et partagé pour Strasbourg.»

« Un moment fondateur pour poser publiquement les bases d’un rassemblement large et crédible pour 2026, enraciné localement et tourné vers l’Europe.
Cette démarche n’est pas une addition de partis ni une candidature solitaire.
C’est une initiative citoyenne et politique pour fixer un cap commun.
Tous ceux qui adhèrent à ce cap, citoyens et représentants élus, sont appelés à contribuer. »

« Une boussole pour retrouver un cap »




Maxime Gruber











mardi 8 avril 2025

Strasbourg. Gagner les quartiers ! La stratégie de Pierre Jakubowicz pour les municipales.

Gagner les quartiers ! La stratégie de Pierre Jakubowicz pour les municipales.

Le puzzle électoral se met en place, les candidats potentiels sont déjà en marche pour la future confrontation. La stratégie du candidat d'"Horizons"est des plus intéressantes.
Son mouvement, « Strasbourg on y croit ! », se veut en phase avec les quartiers, 25 délégués y pourvoiront.


La présentation de cette nouvelle équipe a eu lieu ce 31 mars, place de la Ziegelau au Neudorf .
L'adresse parait anodine, mais elle peut être casse-pied dans certaines conditions.
Prendre le train dans lequel une armée de contrôleurs veille à ma probité et à mon confort. Se faufiler entre les vélos, descendre pour prendre le tram après avoir pris un ticket et se retrouver à un arrêt loin du lieu du rendez-vous. Allez hop, une petite marche. Se fier à son GPS, en oubliant qu'il est en mode « voiture », je trouve le parcours en colimaçon du trajet, bizarre : six minutes !
Incroyable, je change le mode du GPS en piéton, plus que deux minutes.
Les automobilistes Strasbourgeois sont des héros.
J'arrive, en retard au rendez-vous, je me fais tout petit.

© Maxime Gruber



Un prélude avec un remerciement à... Jeanne Barseghian.
On est en plein air, il fait froid sur cette place, mais les propos de Pierre Jakubowicz ne manquent pas de piquant.
« Merci Jeanne Barseghian, sans vous, je n’aurais pas eu la chance de rencontrer toutes ces personnes qui se battent pour leur ville. »
Le ton est donné, devant son équipe des 25, en face des journalistes, il nous explique que la confrontation continuelle et peu amène avec la maire Jeanne Barseghian et ses adjoints. L'atmosphère délétère, les blocages et l'ostracisation des opposants ont été les meilleurs des facteurs déclencheurs pour rencontrer des personnes dans toute la ville voulant bouger les choses. Nous n'étions pas loin d'un remerciement à la municipalité.

Les quartiers perdus de la mairie de Strasbourg.
Pierre Jakubowicz n'est pas à son coup d'essai, sa préoccupation pour les quartiers n'est pas une nouveauté. On peut même voir une compétition avec les « Écologistes » de la mairie de Strasbourg, dans une approche différente.
Il estime la mairie de Strasbourg trop encline à favoriser les proches de leur idéologie par de grands projets ciblés, oubliant une bonne partie des habitants.
Avec son équipe, il proposa le projet « Koeurs de quartier ». Des kiosques pouvant suppléer dans les quartiers dépourvus en matière d’accès aux commerces, de services de proximité et de services publics.
Ainsi, on peut voir une suite logique de « Strasbourg on y croit ! » dans l'implantation de délégués dans les vingt quartiers de la ville.

© Maxime Gruber



Être visible et à l'écoute des Strasbourgeois.
Les délégués auront la mission de quadriller les quartiers de la ville. Leur nombre risque d'aller crescendo, Pierre Jakubowicz désirant des binômes selon la taille des secteurs.
Qui sont-ils ? La presse locale les nomme déjà « les déçus de Jeanne Barseghian ». Mazette, que 25...
Les délégués sont pour la plupart des briscards du collectif ou de l'associatif, peu de politiques, mais avec un ovni, Patrick Depyl, ancien maire de La Wantzenau et candidat de la majorité présidentielle aux législatives de 2022.
La plupart des 25 ont eu maille à partir avec la municipalité. Leurs contestations contre la sécurité au quartier Gare, l’éclairage public, l’affaire du bois de Bussière, la piste cyclable rue Mélanie, le tram Nord ont laissé des traces et des articles.
En retour, ils expriment « le manque d’empathie, de proximité et de respect de l’administration de Jeanne Barseghian et en particulier de l'adjoint Pierre Ozenne ».
Ceux qui les ont incités à rejoindre Pierre Jakubowicz, homme de terrain et opposant hyperactif.

Les 25 délégués, une opposition aux « référents de quartier » de l'actuelle municipalité ?
En attendant les futures élections municipales, la cohabitation des deux organisations antagonistes risque d'être des plus intéressantes. Un « cabinet fantôme » prêt à donner son point de vue et à prendre le relais en cas d'alternance à la mairie ?
En 2020, année de la victoire municipale des écologistes. Une des premières décisions de la nouvelle mairie était de renommer les « élus de quartiers » en « référents ». Ce n'est pas une simple séance de ripolinage. Le vert Strasbourgeois est avant tout jacobin, les 19 référents de quartiers sont de la maison, des adjoints et des conseillers délégués. On reste dans l'entre-soi, le tout chapeauté par les adjoints Benjamin Soulet et Carole Zielinski et un certain Hervé Polesi débarqué depuis peu. Ces référents ont uniquement la possibilité de remonter les informations à la mairie, d'écouter et éventuellement de servir d'exutoire en situation de crise.

Les délégués de « Strasbourg on y croit ! » et les référents de la mairie pourront ainsi s'observer pendant une année, avec un pouvoir décisionnel presque similaire.
Pierre Jakubowicz donne son opinion pour 2026 : « Un élu de quartier est efficace quand il a des moyens d’action, un lien hiérarchique direct avec sa direction de territoire. Ce n’était pas le cas, et nous voulons que ce le soit à l’avenir, en essayant de trouver le bon équilibre. »

La défense de leur quartier.
Évidemment, ces délégués de quartiers affairés ne seront pas tous enclins à rejoindre la future liste électorale de l'opposition à Jeanne Barseghian. Mais, ce qui est assez impressionnant, c'est cette motivation à défendre bec et ongles son quartier malgré la pression et les décisions unilatérales, quelques fois incomprises et maladroites, de la mairie de Strasbourg.
Les futures élections municipales seront une bataille entre l'idéologie et le pragmatisme.

Les 25 délégués :

Contades - Neustadt : Nathalie Goldberg
Cronenbourg : Mireille Weyer
Danube - Malraux : Philippe Henry
Elsau : Karim Faress
Esplanade : Alexis Taube-Le Guern
Gare : Vincent Arnould
Halles : Myriam Sinclair
Koenigshoffen : André Weyer
Krutenau - Bourse - Campus : Noémie Schork et Édouard Bailhache
Grande île - Petite France : Martine Reiss et Emile Gatto
Meinau : Maël Richecoeur
Montagne-Verte : Madeleine Girodot
Neudorf - Schlutfeld - Musau : Stéphanie Chiarello
Neuhof - Stockfeld : Ghina Alame.
Orangerie - Conseil des XV : Rolande Placidi et Maxime Biard
Poteries - Hautepierre : Angèle Pauly et Roger Noutcha
Port-du-Rhin - Coop - Starlette : Frédéric Bulber
Robertsau - Cité de l’Ill : Michèle Greth-Merenda et Philippe Cornec
Tribunal : Chédly Boussetta
Wacken - Tivoli : Patrick Depyl





Maxime Gruber  




vendredi 10 janvier 2025

Strasbourg Nouvel An, remontrance musclée du préfet et sidération de la maire... Chantal Cutajar leur écrit une lettre.

Strasbourg, entre la remontrance musclée du préfet et la sidération habituelle de la maire contre les mineurs interpellés au Nouvel An, Chantal Cutajar leur écrit une lettre.


L'initiative vigoureuse de la préfecture et le mutisme léthargique de la mairie de Strasbourg montrent le fossé entre les deux administrations. Chantal Cutajar, la présidente de Citoyens Engagés et de CAP21-LRC profite du vide laissé par Jeanne Barseghian pour proposer d'améliorer la copie du préfet.

Alors que la mairie de Strasbourg remâche son beau projet, mort-né du Tram Nord, elle s'aperçoit que le préfet est un "warrior". La guérilla du temps bien révolu avec l'ancienne préfète ressemble à une querelle dans un bac à sable à côté de ce qui se trame.
Diminués par cet échec et ayant enfin compris qu'ils ne faisaient pas l'unanimité par leur idéologie et pire encore : leurs compétences, voici « les écologistes » abasourdis, la tête enfoncée dans le terreau. L'opposition, dont Pierre Jakubowicz et Catherine Trautmann s'en amusent, et c'est de bonne guerre, la maire et ses adjoints n'ayant pas été des plus tendres depuis 2020.




Un impair.
Les associations assujetties à la mairie, incitées à la rébellion contre l'avis défavorable de la commission d'enquête publique du projet du Tram Nord ont exigé que le préfet passe outre de cette décision pour lancer les travaux. Quelle drôle d'idée ? Une prise du Capitole à Strasbourg ? Cela a dû profondément l'agacer.
Sentant une mairie embarrassée, pour ne pas dire fataliste contre les violences du Nouvel An, il allait jouer son rôle de responsable des forces de police et de représentant de l'État et du respect des lois.

Reprendre la main.
Suite aux violences urbaines survenues à Strasbourg lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Ces événements, marqués par des incendies de véhicules et d’autres dégradations, le préfet se fend d'une lettre envers les parents des sauvageons.
« Au regard de la gravité des faits en cause, je m’interroge sur votre capacité à remplir vos obligations parentales de manière satisfaisante. J’appelle votre attention sur le fait que les agissements de votre enfant mineur sont susceptibles d’engager votre responsabilité. »
Les parents étrangers des mineurs fautifs ont été convoqués pour un rendez-vous en préfecture. S’ils ne s’y rendent pas ou ne présentent pas d’éléments concluants, « j’envisage de procéder au réexamen de votre droit au séjour sur le territoire national ».
Nous imaginons que la maire de Strasbourg, prônant comme leitmotiv, « l'inclusif » (sauf pour les automobilistes), ne pouvait pas franchement approuver cette action des plus rigoureuses. Peut-être, on en saura davantage quand elle sortira de son silence.

Oui, mais...
CAP21 et Citoyens engagés, ont exprimé leur soutien à l’initiative du préfet visant à responsabiliser les parents des mineurs impliqués. Toutefois, ils veulent améliorer la copie, par des propositions concrètes pour garantir l’efficacité et l’équité de cette démarche pour des solutions équilibrées et « inclusives ».
Une lettre ouverte a été adressée au préfet du Bas-Rhin et à la maire de Strasbourg, en espérant qu'ils puissent enfin collaborer contre ces nuisances endémiques.

Cette lettre recommande :

  • Une convocation égalitaire : Inclure tous les parents, quelle que soit leur nationalité, pour renforcer la cohésion sociale.
  • Un cadre partenarial avec le CLSPD : Inscrire ces actions dans le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, présidé par la Mairie, pour une coordination transparente et efficace.
  • Des mesures éducatives : Organiser des ateliers pour accompagner concrètement les familles et prévenir durablement ces comportements.


En effet, les délinquants peuvent être français, voire binationaux et sont sur leur sol. Mais, leurs parents méritent, eux aussi, un savon chez le préfet et des mesures de rétorsion.





Maxime Gruber

lundi 23 décembre 2024

Le commencement de la fin ?


L'arrêt du tram nord s'appelle « Trafalgar ».

Quel coup ! Les Anglais ont rêvé de cette station, les Alsaciens l'ont fait !

L'avis défavorable de la commission d'enquête au projet de tram nord de l'Eurométropole de Strasbourg aura des répercussions bien au-delà de la région. Nous venons d'assister à une première, un événement qui changera le comportement des municipalités. Nous avons assisté à la création d'une jurisprudence.
L'Eurométropole est blessée et humiliée, elle prépare sa revanche. Les prémices semblent indiquer que ce sera encore dans le rapport de force, dans une brutalité coutumière. L'inclusion proclamée par monts et par vaux a du plomb dans l'aile. Ce slogan pourtant matraqué depuis ce début du mandat municipal parait ne plus être de mise dans les proclamations. Les nouveaux supplétifs, ses administrés chouchoutés, les cyclistes vont se mobiliser pour sauver la citadelle de l'hôtel de ville, assaillie.




Prémisse... ou la folie des grandeurs.
Ce mandat avait commencé dans de mauvais hospices. La zizanie politique dans l'agglomération strasbourgeoise a permis à un outsider, le parti « Les Écologistes », de rafler la mise. Ceux ayant voté pour eux par pure stratégie politique pour une éventuelle alliance allaient le payer au prix fort. La liste verte gagnante aux élections municipales, selon le Code électoral, reçoit un nombre de sièges égal à la moitié du conseil. Une majorité absolue puisque les autres partis perdants sont répartis à la représentation proportionnelle. Passer de l'opposition aux commandes de la ville, cela laisse visiblement des traces. Sentiment de toute puissance, des conseils municipaux servant à faire le spectacle et les décisions de la majorité municipale votées comme un seul homme.
Un déni de démocratie et de pain bénit pour les journalistes à l'affut.

Imposer à tout prix une idéologie ne faisant pas l'unanimité.
Il était intéressant d'écouter, de lire, de voir le comportement des élus et de leurs proches dans leurs allocutions et sur les réseaux sociaux. L'écologie « punitive » était, du moins au début du mandat, explicitement revendiquée. Il faut nous changer et s'il le faut au forceps pour nous sauver de nos mauvaises habitudes.
Tout mouvement annonçant un meilleur avenir, fondé sur le changement radical de l’homme pour un meilleur être, est qualifié de « messianique ».

Cette « libération » forcée pour le bonheur vert est proclamée selon un principe idéologique permettant de mobiliser les individus et de leur faire accepter les sacrifices exigés. Payer sa dime pour tout acte pollueur, faire du vélo, jeter sa voiture aux orties, vivre en autarcie dans son quartier, s'occuper des damnés de la terre du plus loin possible de chez soi et avec des pincettes. Ostraciser les méfiants et les détracteurs de l'idéologie verte, pire, les harceler dans les réseaux sociaux pour les faire entrer dans le droit chemin. Si cela ne fonctionne pas, au mieux, cela les tiendra (peut-être) en respect.


Laisser impérativement une trace dans l'histoire de l'agglomération strasbourgeoise.
Parfaitement conscient d'être, malgré le soutien des purs et durs de la doctrine écologique, de plus en plus sous la critique des habitants, agacés par cet amateurisme maladroit et condescendant. L'équipe de l'Eurométropole doit marquer à son tour les esprits par un projet grandiose, de quoi les mettre sur les rails du tram pour les futures élections municipales. Et oui, ils ont pris goût au pouvoir, ils ne lâcheront rien et sont prêts à en découdre.
L'histoire du tram est accaparée en évinçant la porteuse du projet d'il y a trente ans, Catherine Trautmann. L'élu vert aime bien faire le coucou.


Le projet pharaonique du Tram Nord.
Il fallait au moins cela pour marquer les esprits, épater ses troupes et contraindre, une bonne fois pour toutes, les automobilistes à utiliser les mobilités douces : le vélo, la trottinette, le futur tram ou devenir un piéton pourchassé par les cyclistes.
L'échéance des futures élections municipales approche et n'ayant rien de probant à présenter aux futurs électeurs, l'Eurométropole a voulu marquer un grand coup, ce sera le faramineux projet du tram nord. Un colossal programme réalisé d'une seule traite dont le contribuable devra s'acquitter. L'idéologie n'a que faire des soucis des fins de mois.

Pour l'Eurométropole, ce projet devait changer les habitudes, les mentalités des usagers de la route et des transports par l'implantation du réseau de tramway entre Strasbourg, Schiltigheim et Bischheim.
Imposer un concept contraignant en espérant que la résilience des usagers opère. Et, assurément, ces derniers ont une patience et une endurance à toute épreuve depuis 2020. La question est de savoir si le punitif astreint à certains administrés pour la grande joie des convaincus des actions des mairies vertes n'assume pas un certain masochisme. Les élections municipales de 2026 indiqueront si c'est vraiment le cas.

Un projet confronté à la dure réalité de l'enquête publique.
Il s'agit d'un dispositif d'information et de recueil des avis de la population conduit par une commission d'enquête menée par un président et quatre membres. Ils sont désignés par le président du Tribunal administratif.
Cette enquête est organisée par l'Eurométropole.
La consultation du public se limite à une simple mise à disposition des documents relatifs au projet permettant le recueil de ses observations.

Habituellement, une formalité pour accepter les projets. En revanche, nos décideurs, toujours aussi gaffeurs et à côté de leurs rails, n'ont pas vu venir l'imbroglio.
Sûre de sa préséance, l'Eurométropole fit la promotion du projet. Ce n'était pas un échange avec la population, mais de réunions d'information pouvant faire comprendre que la décision était déjà actée. De quoi agacer les habitants qui réagirent avec 7 102 contributions enregistrées durant la période de l'enquête ! 43 474 visiteurs ont consulté le site internet dédié à l’enquête publique. L'Eurométropole voulait du colossal, elle y a eu droit.

Un « amateurisme » dégageant une incompétence teintée de mauvaise foi.
La commission d'enquêtes a fait son travail, donnant de bons points et des mauvais.
Cela commence fort, la commission se plaint des documents fournis ou pas par l'Eurométropole. Les enquêteurs doivent jouer aux détectives, assembler un puzzle avec des éléments manquants et une suspicion de mauvaise foi.
Amateurisme ou incompétence ?
L'avis du public est sans appel : seulement 16,8 % sont favorables, une majorité de 73 % opposée. Encore un chiffre colossal qui nécessita un procès-verbal de 50 pages de la commission d'enquête.


Associations contre les associations.
Si les associations proches de la mairie firent une campagne de communication sans précédent pour soutenir le projet, les opposants à celui-ci ne restèrent pas inactifs. Le tramway, oui, mais pas une performance idéologique contre les intérêts de la population. Le collectif « Pour un meilleur Tram » est créé. Force de propositions, elle suggère un tracé plus proche des centres-villes avec de meilleures dessertes pour tous. La voiture n'étant pas une ennemie et les piétons, des marathoniens. L'Eurométropole snobera toute tentative de dialogue.

La sanction.
Point après point, les commissaires enquêteurs soulignent des lacunes majeures :
  • un manque d'écoute des habitants et des usagers ;
  • des questions sensibles ignorées ou contournées ;
  • des dissimulations, des incohérences ;
  • des solutions générant de nouveaux problèmes et des dénis de réalités sur les conséquences ;
  • des risques réels pour la gestion de la sécurité de la ville.
La conclusion est un avis défavorable... Finalement, dans le projet du Tram Nord, proposé avec une certaine opacité pour un coût non justifié, il est très peu question du tram. Le même commissaire-enquêteur ayant validé le projet du Tram Ouest a opposé un refus clair et catégorique, démontrant bien son indépendance.

La sidération !
Alors que les troupes vertes se voyaient déjà, équipées de bottes et de casques de chantier, pour visiter les sites du Tram juste avant l'échéance des élections municipales, ce fut un coup de massue.
L'Eurométropole, ses élus verts persuadés d'avoir été les lauréats d'un projet extraordinaire du tram nord retrouvent leurs places de cancres près du radiateur d'avant 2020. Colère et honte absolue, ils réagiront comme à leurs habitudes.
Ce knock-out déjà devenu célèbre, ces 24 heures sans réaction à part devant la télévision régionale, mais avec parcimonie, ont permis de montrer cette sidération du sommet à la base des militants verts. Ce qui fait la joie des opposants au projet et d'appuyer la demande d'une véritable concertation citoyenne. Mais, personne n'était dupe, l'Eurométropole allait réagir par le biais des réseaux sociaux de façon agressive.


Les noms d'oiseaux.
Après une journée plongée dans les nimbes, les relais, pour ne pas dire les « trolls » de la sphère verte, recommencèrent leur travail de sape dans les réseaux sociaux. Les opposants sont nommés les « réacs » ou encore les « bagnolards », l'équité de la commission d'enquêtes est mise en cause. Nous passons de la sidération à la « conflituaction » habituelle.


La tentation du coup de force.
Devant l'humiliation de l'Eurométropole, des décideurs et de leur base, les écologistes se rassurent en montrant leurs muscles, forts de leurs 27 associations satellites de l'agglomération de Strasbourg. Le moment est à l'indignation pour cet avis défavorable, celui des rassemblements des convaincus du punitif et de la petite reine se préparent. À défaut de la prise du Capitole, on demande au préfet de passer outre l'avis défavorable...
Vivement 2026.

Prochain article : la conférence de presse du collectif « Pour un meilleur Tram » et une interview exclusive.

Maxime Gruber



mercredi 12 juin 2024

Les contre-mesures municipales suite à la Bérézina de la Montagne Verte.

Les contre-mesures municipales suite à la Bérézina de la Montagne Verte.


L'intox à la tomate pourrie et des embauches « nécessaires » avec une nouvelle balade ce 3 juin, des élus dans le quartier, accompagnés de policiers.



Les remerciements de l'équipe rédactionnelle.

Avant tout, je tiens à remercier encore une fois les lecteurs des « nouvelles fréch ». L'article intitulé « KO à la Montagne Verte » a battu tous les records de lecture du journal.

Ce nouveau plafond de verre explosé inciterait à relancer la création d'un vrai nouveau journal libre en Alsace. Affaire à suivre.




Plus c'est gros, moins cela passe.
La rumeur de la tomate volante.


Il n'a pas fallu plus de 24 heures pour avoir des retours surréalistes suite à l'article de la réunion municipale du 27 mai à la Montagne Verte au sujet du centre d'hébergement d’urgence pour personnes sans-logement.

Voici le premier :

« Salut  ! C'est une vraie histoire, les tomates jetées sur les élus à vélo ? »

« On me dit que les élus verts se sont fait jeter des tomates lorsqu'ils sont repartis à vélo en passant le long du canal de la bruche 😉. Qui lançait les tomates ? Ce serait arrivé le soir de la réunion. On parle d'embuscade ! »

Les habitants de la Montagne Verte questionnés sont les premiers étonnés. Personne n'est au courant de l'affaire, les associations des quartiers de même. Le drame serait arrivé le 3 juin après la déambulation des élus concernant la sécurité publique dans le quartier.

La rumeur bat de l'aile, seul un élu, Pierre Ozenne est rentré à vélo. Les autres en voiture de... la ville de Strasbourg.


Les 300 embauches à la mairie étaient « indispensables ».

Voici un second message sur Facebook d'une personne essayant de confirmer le nombre d'embauches municipales tout en atténuant la fonction des « ambassadeurs du changement » selon la mairie et définie par Catherine Trautmann de « commissaires politiques ! »

« Les embauches étaient nécessaires, vu l'état des services. Et, je parle en connaissance de cause, j'y ai travaillé. Notamment les ATSEM ou des agents recevant le public (cf la culture)....

Ça, c'est de la punchline pour les CM, je ne sais pas ce que c'est les "ambassadeurs", je ne vois que des agents. Et, sur les 300 beaucoup sont à l'accueil du public. Les autres chargés de mission sur des postes non pérennes (3 ans). Je vais vérifier » ...


À chacun ses lunettes de correction et cette vérification sera longue et se perdra certainement dans les nimbes de l'actualité.


Quand deux réunions de la mairie se télescopent à la Montagne Verte.


Après le fiasco de la réunion de la future implantation du centre d'hébergement d’urgence pour personnes sans-logement, c'est au tour, ce 3 juin, du thème de la sécurité. Celle-ci était déjà convenue depuis janvier suite aux sollicitations de l' « Association Portes de la Montagne Verte ».

L'association, depuis deux ans, constate une augmentation des problèmes de sécurité dans le quartier. Des problèmes d'effraction de voitures à répétition d'une fréquence mensuelle de cinq à neuf voitures fracturées. Des points de deal dans le quartier, des cambriolages à répétition. Pierre Ozenne refila la patate chaude à Mme Zourgui qui s'empressa de ne rien faire.

Le vase déborde.

Une nouvelle vague d'effractions de neuf véhicules fracturés dans un sous-sol d'une copropriété mit le feu aux poudres. Les riverains, furieux, contactèrent les DNA, un article parut prenant parti pour les habitants laissés à leur sort.

Dès le lendemain de la parution, Mme Zourgui contacte l'association, le quartier sera inséré dans un programme de tranquillité publique. En réalité, elle commence un cycle de réunions dans les quartiers sensibles ayant pour sujet la sécurité et l'aménagement de l'espace public. La Montagne Verte n'est donc pas privilégiée.

La mairie peine à embrayer, la réunion sera une déambulation.

Pas de réunion, mais une promenade dans le quartier de trois adjoints à la mairie de Strasbourg, Nadia Zourgui, Pierre Ozenne et Hamid Loubardi chaperonnés par des policiers, quatre ou cinq, selon les retours. Une mesure de protection suite à la réunion précédente des plus houleuses, une sidération devenue une crainte rétroactive en contrecoup aux contestations d'une foule hostile, voire frondeuse, à la limite de la sédition ? La méfiance est de mise et des deux côtés.

Forts de la présence policière, les élus sont prêts à « promener » les riverains pendant la déambulation.
Ambiance délétère se voulant éducative, surtout pour les habitants.
Quatre-vingts personnes se sont déplacées, un habitant interpelle Mme Zourgui : « Avez-vous peur au point de venir avec toute une brigade de police ? »

La réponse est assez ambiguë, « ils sont là pour vous expliquer... »
Les élus feront que cautionner les pandores ? Non, ce ne sera pas le cas, ils sont tout de même venus pour expliquer les directives municipales.

Une cellule psychologique déambulatoire ?


Et, voici la valse des idées, souvent pas retenues, et un effort essentiellement demandé à la police. Bref, les élus sont passés et cela suffit ainsi.
Certains excédés demandent aux élus d'arrêter de mentir, l'agacement contre la rhétorique.
On promet plus de passages de véhicules de police, de mettre en place de la vidéoprotection. Mais, cette dernière sera difficile, il y a des arbres...

On parle de l'insécurité nocturne, Pierre Ozenne sort du bois et explique pendant près de quarante minutes que cette insécurité n'est qu'un sentiment dû à l'obscurité. Pourtant, les habitants ont moult exemples d'incivilités nocturnes à donner, la fréquence des problèmes d'actes de vandalisme aurait augmenté, mais les élus restent inflexibles. Beaucoup de riverains en ont assez et commencent à partir en s'éparpillant.
Rétablir l'éclairage est, selon la mairie, impossible. Celui, installé par l'ancienne municipalité, ne permet pas de panacher ou de baisser son intensité. On ne touche à rien.

Épilogue.

Le soir même, une moto volée est incendiée juste devant le lieu de l'ancienne réunion du 27 mai au sujet du centre d'hébergement d’urgence pour personnes sans-logement.

Un pied de nez au destin ?
Une preuve de l'inconséquence d'élus ne vivant pas sur place ?





samedi 1 juin 2024

« KO » à la Montagne Verte. Le comportement chaotique de la mairie de Strasbourg envers ses administrés a porté ses fruits.

 

« KO » à la Montagne Verte.
Le comportement chaotique de la mairie de Strasbourg envers ses administrés a porté ses fruits.


Un rejet. Pire, une défiance de certains quartiers, devenus des caches misères, à une idéologie menée tambour battant, sans se préoccuper des véritables envies des habitants loin de l'hypercentre.




Prologue.
Dissonance cognitive !


Quand l'idéologie d'une mairie se prend l'uppercut de la vraie vie en pleine tronche, cela crée des dégâts. Prôner, le cœur sur la main, des lendemains qui chantent en valorisant une partie de la population, tout en promettant, en douce, l'enfer à une autre.

Expliquer au journal « Le Monde » les errements du gouvernement et laisser la municipalité Strasbourgeoise faire la même chose… Suzanne Brolly, vice-présidente écologiste de l'Eurométropole de Strasbourg, s'y colle :

« Dans un contexte de crise du logement, avec un déficit de logements abordables, il n'est pas acceptable qu'il y ait de la vacance » !

Pourquoi ne pas appliquer cette belle résolution, cette envie de bien faire en réquisitionnant un des nombreux immeubles vides de la ville de Strasbourg pour un centre d'hébergement d’urgence pour personnes sans-logement ? Selon les estimations données pendant les réunions de la mairie, huit à neuf pour cent des logements sont vacants, ce qui est énorme. Nous avons dans les 14 000 logements vacants à Strasbourg, dont la moitié immédiatement prête pour un éventuel accueil.

Mais, il y a un souci : on doit héberger entre autres des migrants ! Et, comme on dit, loin des yeux, loin du cœur, il faut un emplacement loin des citoyens du centre-ville et des adjoints de la mairie.
Un espace résiduel sera parfait.

Non à un immeuble vacant !

Le préfet, comme représentant de l'État, peut réquisitionner des logements vides. Ça ne pose pas de problème, bien au contraire, pour les propriétaires ayant comme locataire l'État. Ce dernier payant au prix du marché, donc très bien avec un état des lieux avant et après.
Cette opportunité est rejetée d'un revers de main. L'adjointe à la mairie de Strasbourg, Floriane Varierasa a bien précisé : « on ne va pas enrichir le privé ! »
En conséquence, ce sera une nouvelle habitation de type « Algeco ».


Acte 1
Explorer les lieux et les habitants impactés.

La mairie est actuellement pressée dans la plupart de ses projets. Elle fait donc feu de tout bois avec une certaine fébrilité. Elle désire expliquer ses projets clés en main sans aucune autre alternative et ceux qui protestent n'ont tout simplement pas compris. On n'est pas dans le dialogue, mais dans le « pédagogique ».
Duel de sourds ? Certainement, mais on sait qui gagne toujours à la fin.


Le projet d'installation du centre d'hébergement d’urgence pour personnes sans-logement devrait se faire sur un terrain, rue de la Montagne Verte. 
Comme à leur habitude, nos politiques ont trouvé l'emplacement adéquat : pollué et inondable.


L'opposition à la municipalité étant déjà sur l'affaire suite à la divulgation de l'implantation, se prépare à arpenter le quartier. « L'Association Portes de la Montagne Verte », très active en faveur du quartier Foulons-Coudreuse-Corroyeurs, n'allait, elle aussi, pas se laisser faire.

La mairie n’avait plus le choix, il fallait aller se déplacer pour "vendre son projet" aux habitants...
Les pérégrinations des deux adjoints, la porteuse du projet, Floriane Varieras et le pompier de service Pierre Ozenne, furent lourdes de leçons.
Lui volubile, l'autre mutique, la sauce ne prend pas, les habitants s'étonnent, le quartier et Strasbourg disposent de plusieurs immeubles vides ou préemptés, pourquoi ne pas les investir ? On connait la réponse : « Pour ne pas enrichir les propriétaires…»
Autre question, pourquoi les quartiers de l'ouest strasbourgeois sont toujours ceux qui payent le plus lourd tribut social de la municipalité ?

Le social, les habitants le connaissent déjà bien, un immeuble récent est à quelques pas du terrain assigné. Un joli bâtiment avec son point de deal. Le quartier en souffre, veut-on accentuer les problèmes ? L'endroit choisi, isolé de tout, des commerces, loin du centre-ville, laissera les futurs hébergés en déshérence, un bon moyen de paupériser le quartier. La Montagne Verte connaît depuis deux ans une installation et une croissance inquiétante de la délinquance et des incivilités. Deal, squats d'individus sous l'emprise de stupéfiants, effractions et incendies de véhicules sont devenus le quotidien du millier de résidents de ce petit quartier.

 

En rouge, le futur emplacement.

Acte deux.
La venue de deux élus dans le quartier, Catherine Trautmann puis de Pierre Jakubowicz.

Il faut l'avouer, le passage des adjoints de la mairie a grandement aidé.
Les deux élus de l'opposition avaient des choses importantes à dire, le quartier n'est pas seul. D'autres malmenés par la municipalité sont en quasi-rébellion. Rien ne va plus !
Les projets de la mairie trempés dans l'idéologie verte font des dégâts, et souvent chez les mêmes. Ce besoin de passer en force sans dialogue et concertation, en faisant une ultime réunion avec les riverains concernés pour leur imposer l'agenda des travaux à venir, est la marque de fabrique de ce mandat.
La municipalité est fébrile et sait qu'elle n'a pas la main malgré la diaspora des Strasbourgeois ayant leur claque de l'état de la ville et de la chasse aux voitures. Elle commence d'envisager une éventuelle défaite aux municipales de 2026, ce qui la rend encore plus agressive et pratique un ostracisme soutenu. Voulant laisser une trace dans la mémoire collective, elle empile depuis peu des projets selon son point de vue politique, applaudis par ses partisans, conspués par les autres. Les chiens aboient, la caravane passe...
Nous avons droit à des projets pharaonesques, peut-être finis, dans les meilleures conditions après 2026. Le plus beau des cadeaux empoisonnés, pour la future mandature.
La mairie se transforme en camp retranché, elle vient d'embaucher 300 nouveaux fonctionnaires, dont 200 « ambassadeurs du changement ! » Catherine Trautmann les a définis, en plein conseil municipal de « commissaires politiques ! » 
Ces derniers sont disséminés dans chaque service ayant pour mission de faire appliquer la ligne du changement promise par l'équipe municipale mandatée. L'ambiance déjà mauvaise est devenue délétère, les lamentations du personnel sont exponentielles, les syndicats sur la brèche.
Les deux élus de l’opposition ont promis leur aide pour faire comprendre à la mairie qu'un véritable dialogue participatif est bien meilleur qu'un conflit ouvert avec les riverains, et ce n'est pas gagné.


Acte 3.
La débandade.

Voyant la situation leur échapper, la mairie propose rapidement une réunion explicative, pour ne pas dire pédagogique, pour ce projet immobilier clés en main.
Ils vont accumuler les erreurs d'appréciation et sous-estimer la colère des habitants. Certains que cette réunion ne mobilisera pas les foules, ils proposent de la faire dans une salle disposant de 80 places de l'hôtel « Montagne Verte ».
Et, tout s'emballe ! L’Association Portes de la Montagne Verte (APMV) bat le rappel des habitants du quartier : l'onde propagée dépasse de beaucoup les frontières du quartier. Une pétition (en ligne et en papier) contre le projet aurait déjà recueilli plus de 900 signatures. Tout est prêt pour le psychodrame et le ratage de la soirée du 27 mai.
L'arrivée des élus en vélos fait sourire les premiers invités à la réunion, mais l'amusement sera de courte durée. Une foule compacte se précipite dans la salle.
Pierre Jakubowicz est là, il précise : « Ils ont organisé cette réunion suite à mon interpellation au conseil municipal ». Il faut aussi souligner que c'est aussi une réponse à son passage dans le quartier avant cette réunion proposée par la ville.


Les élus, les adjoints et les employés de la ville sont installés et commencent une projection sur le projet. Peine perdue, la foule dans la salle enfle, et approche les 150 personnes. Le hall d'entrée et l'extérieur ne sont pas en reste !
Malgré l'obstination des élus de vouloir continuer à tout prix, malgré une foule hostile où fleurissent les noms d'oiseaux, le directeur de l'hôtel va mettre un holà ! La capacité de la salle a depuis longtemps dépassé la jauge de 80 personnes. Il demande l'évacuation, les fenêtres n'étant pas ouvertes, il fait chaud. Le moindre mouvement de panique aurait pu être des plus dangereux. Les élus, visiblement pressés pour concrétiser le projet, transigent : « On peut organiser une réunion en deux temps, l'une après l'autre... sinon sur le parking... ou à l'extérieur... Toutes ses propositions pour faire vaille que vaille la réunion dans ce chaos sont rejetées par la foule.
Nadia Zourgui, adjointe à la maire de Strasbourg, chargée de la tranquillité publique et de la police municipale, se justifie : « On voulait que ce soit dans un lieu proche de l’endroit concerné ».
De guerre lasse, le directeur de l'hôtel appelle la police devant la responsable de la police municipale...


Ayant enfin compris qu'il était impossible de continuer et de se retrouver confrontée… aux forces de l’ordre, elle demande l'arrêt de la réunion. Floriane Varieras, adjointe à la maire en charge de la solidarité, plus têtue, ne peut que suivre le mouvement.

Pierre Jakubowicz nous décrit son départ :

« On a traîné un peu dans la salle le temps que ça se vide. Après, on était devant l'hôtel, les gens attendaient encore. On était quelques-uns à avoir eu l'idée d'aller devant le terrain symboliquement. Ce fut fait, une façon de marquer cette mobilisation, puis la pluie diluvienne arriva. On est donc parti vers 19 h 40 ». 


Acte 4.
La mini réunion des six élus et membres de mairie dans la salle vidée comme si vous y étiez.

L'histoire ne se finit pas là, nous avons toujours une personne assez bavarde dans un petit groupe pour nous dévoiler les réactions et les futures actions de la mairie suite à ce fiasco.
Une fois l'effet de sidération estompé, on voua aux gémonies le directeur de l'hôtel, l'Association Portes de la Montagne Verte et les habitants. Ils avaient une inquiétude, la réaction de la presse. Les DNA n’était pas présente, mais certainement un collaborateur ou un contact allait fuiter. Un journaliste de Rue89 était, lui, bien là
.
« On va appeler, on va éviter d'avoir un mauvais papier, enfin...»

Et, vogue la galère, la conclusion ?

« On ne se fera plus avoir, on fera le plus vite possible une nouvelle réunion dans un lieu plus adapté où on ne se fera pas coincer par la jauge, en espérant qu'il y ait le moins de monde pour une réunion la plus courte possible. »

Le pédagogique, c'est compliqué et éreintant.


Acte 5
Mais qui voilà ? Un revenant, Eric Elkoulby.


La mairie de Strasbourg a la capacité assez unique de fédérer tous les mécontents contre elle. Son omnipotence est toujours là, malheur aux opposants ! Ces derniers n'ont souvent qu'un seul droit : celui de protester. La force de la majorité municipale est la désunion des opposants élus et des citoyens. Cette éventuelle fédération des quartiers laissés pour compte par le biais des associations contre les projets clés en main pourrait en 2026 changer la donne. Surtout si elles sont soutenues par les élus de l’opposition. Et, qui sort du bois ? Eric Elkoulby ! Un des 900 signataires de la pétition. Un habitant du quartier précise : s’il était venu, on l’aurait ovationné !

Pour lui, « le projet est déjà décidé. Et ils pensaient en le présentant que ce ne serait que de l’information. Or, le problème de cette municipalité, est qu'elle ne sait pas faire de concertation.
Ce quartier, ils ne connaissent malheureusement pas. C'est un quartier que peu d'élus, quelles que soient les municipalités, ne connaissent. Et il y a une âme, il y a une histoire à la Montagne Verte. C'est un quartier très particulier, sans centralité. C'est un ensemble de micro-quartiers, de micro-secteurs. Il y a un respect. La Montagne-Verte, c'est un petit peu un village au sein de la ville, un endroit où il ne se passe pas grand-chose, c'est-à-dire que ce n'est pas le centre-ville, il n'y a pas tellement, a priori, de commerce à côté d'eux. Donc, ça va provoquer de sacrés soucis. Ils sont dans l'idéologie, et c’est dangereux. »





Maxime Gruber

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