Avant propos

Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. "Jacques Prévert"
Bienvenue dans le site de l’info la plus « frèch » d’Alsace ! Je vous propose des articles avec ma liberté de ton habituelle. Des journalistes sont aussi invités. Bien à vous. Maxime Gruber.

mardi 6 janvier 2026

Strasbourg, des nouvelles d'Éric le SDF, de Chantal Cutajar, de Catherine Trautmann sans oublier Miss Alsace

Les brèves de Maxime Gruber, à Strasbourg !

Des nouvelles d'Éric le SDF, de Chantal Cutajar, de Catherine Trautmann, et les prémices de la campagne électorale des municipales sans oublier Miss Alsace.
 
En profiter pour voir Eric.
Rendez-vous au CHU de Strasbourg, me voici tôt dans un train bondé pour y parvenir. Je ferai le trajet debout devant l'entrée, nous sommes nombreux dans ma situation, la partie du wagon destinée aux vélos semble plus privilégiée que les humains entassés. Nous devons aussi savoir où poser nos pieds, faisant concurrence aux trottinettes posées au sol. Le train est en retard mais j'avais prévu large.
À la sortie de la gare, je reçois un message m'indiquant que le rendez-vous est retardé de trente minutes. Quand cela veut pas… pire encore, j'ouvre mon sac, il est vide, j'ai oublié mes papiers et mon porte-monnaie. Stoïque, je traverse la place Kléber, vide en ce début de matinée.
Je profite d'aller saluer Eric le SDF, il est bien là sous les arcades de la rue de l'Outre. Assis dans son sac de couchage, je le salue, je vois qu'il a mauvaise mine, il me dit que la nuit a été difficile. Il se lève pour me saluer, je lui demande s'il a eu des retours au sujet de son CV. Aucun !

Quelle déconvenue, un de ses amis se lève à son tour, un géant, malgré son visage débonnaire, je sens qu'il va mal. La rue, ça abime.
Je reviens sur Eric, on parle de la nourriture posée non loin de lui. Ainsi, il me dit qu'il a d'excellents rapports avec les personnes du quartier, mieux ! Les CRS donnent des rations alimentaires, le voisinage et les touristes ne sont pas en reste.
J'aimerais savoir si les relations avec la mairie ont changé, ou pas. Une équipe était bien venue pour leur demander de déguerpir, mais rien ne s'est passé.
Eric, avec son téléphone portable, lit les actualités et Facebook. Je lui demande son avis sur la campagne de presse orchestrée par la municipalité au sujet d'un bâtiment vacant mis à la disposition d'une association proche de celle-ci. Avec à la clé une subvention de 65 000 euros pour héberger des familles.
Eric reste stoïque, et affirme que ce genre d'opération n'est pas pour lui et ses amis de galère. Ils n'ont pas le profil adéquat.
Pour changer de sujet, Eric m'explique que pour se rendre utile, il nettoie et change les sacs des poubelles de la voirie. Ainsi, il entretient de bonnes relations avec les employés de la ville.

Mais... quel sentiment d'impuissance !


Miss Alsace !
Retour à la gare, où il faudra patienter environ une heure avant l'arrivée du train. Je prends mon mal en patience devant l'immonde sapin posé dans le hall. Un clin d'œil à la série d'horreur-fantastique Stranger Things de Netflix. Ainsi, nous sommes bien loin de l'esprit de Noël, la galère continue…
Puis tout bascule enfin dans le féérique.
Voici une grande et très belle femme qui s'approche de l'arbre maléfique. Vêtue avec grande classe, elle
 ne manque pas d'être remarquée.



La preuve, je la reconnais immédiatement, je lui adresse un joyeux « Bonjour Miss Alsace, jamais deux sans trois! » »
Elle me reconnait, s'arrête, sourit et me fait la bise qui me guérit définitivement de la sinistrose.
Ainsi, elle me dit qu'elle a quelques minutes à me consacrer. On parle de l'élection de Miss France où elle a eu le prix du meilleur défilé, puis de son avenir professionnel. Plutôt de future étudiante d'ailleurs, car elle rendra son titre de Miss en juin. J'envisage une future interview, le temps passe, nous nous séparons pour prendre nos trains respectifs.
Cependant, je m'aperçois que mon moral est enfin bon, la preuve ? Je ne me rappelle plus si je suis entré dans de bonnes conditions de voyage.

Le scoop de Chantal Cutajar.
Le lendemain, me voici au Club de la presse à Strasbourg, à l'invitation de l'univeristaire et présidente du parti Cap 21, Chantal Cutajar. L'endroit et le parterre de journalistes, habituellement difficiles à faire venir en nombre, sont un signe. Il va se passer quelque chose.
Arrivé pile à l'heure, malgré mes aventures habituelles en train, je suis tout de même le dernier à m'assoir dans le plus grand désintérêt des journalistes. Ainsi, on est peu de chose et c'est tant mieux.




Chantal Cutajar est devant son pupitre, cela devient solennel. Adjointe de Fabienne Keller en 2008, puis de Roland Ries de 2014 à 2020, elle nous rappelle avoir été en charge de la démocratie locale, de la commande publique, de la prévention de la radicalisation, lors de son dernier mandat.
La suite logique de sa démarche actuelle est un appel à l'ouverture face à une mairie hermétique au dialogue, intitulé « la boussole ».
Avec quatre pôles : « La République et la laïcité : le cadre commun », « Co-construire la démocratie : la méthode », « L’exemplarité des élus : la garantie » et « Protéger le vivant : la finalité ».

L'échéance des élections municipales arrivant, c'est le moment des alliances : Chantal Cutajar apporte son soutien à Catherine Trautmann avec qui elle a « déjà travaillé par le passé ». Son choix comme centriste est donc de s'allier à sa gauche avec le Parti socialiste, visiblement le courant passe entre elles.

J'en profite pour envoyer le scoop sur le champ !

Une fois la conférence finie, je m'attarde un peu pour avoir des précisions. Et, en retour, on me pose toujours la même question qui démange les opposants après leur prestation : « Crois-tu que le journal proche de la mairie (pas les DNA. NDA) va nous flinguer ? »

Je réponds toujours oui et les articles de ce journal confirment à chaque fois mon affirmation. Est-ce grave ? Non.

Chantal Cutajar a été la première à rejoindre Catherine Trautmann.
Thibault Vinci du Parti radical de gauche, va-t-il faire de même avant le premier tour ? On ne le croit pas, mais les alliés de la première heure seront plus considérés. Son idéal d'être libéré des autres partis, se démarquer pour retrouver la grandeur historique du PRG est un sacré challenge. Héroïque!

L'inauguration du local de campagne de Catherine Trautmann
C'est le samedi 13 décembre à 10h30, j'avais oublié que le samedi, les trains ne sont pas légion. Devoir attendre plus d'une heure pour un train au temps de trajet doublé et arriver plus qu'en retard, non merci. Je vais jouer au mauvais Français et me déplacer en voiture. Quelle corrida, en plein feu rouge à Strasbourg, des employés de la mairie arrivent, bloquent le passage devant mon capot pour une raison inconnue et me demandent d'aller voir ailleurs.
Le temps presse, je fais le tour du quartier et, lassé, je me gare à la va vite en me disant : la prune est garantie. Je vous le disais, je suis un mauvais Français.
Trente minutes de retard, le local est bondé, comme d'habitude je reconnais les amis du journal. Les personnalités politiques proches de Catherine Trautmann sont bien là, Chantal Cutajar aussi.
Catherine est là, avenante, elle connait mon travail. On parle du mois de mars tout en profitant pour faire des photos, je lui en suis gré.



La voici au pupitre :
Après avoir remercié les participants et l'implication de l'équipe de campagne.
L'ambition de celle-ci est de restaurer la confiance et de redonner de l'énergie dans une situation des plus compliquées, pour ne pas dire catastrophique.

Un audit, le mot faisant peur à la municipalité actuelle !
Un audit sera réalisé pour identifier les marges de manœuvre opérationnelles et garantir la transparence dans les propositions de la campagne électorale.
Certaines mauvaises langues précisent que l'audit sera fait pour ne pas réaliser certaines des propositions. Que nenni, cela sert à trouver ses marges de manœuvre et à savoir exactement quel est le point de départ. Cette transparence dans l'information est l'antithèse de la mairie actuelle.

Chantal Cutajar et son équipe sont à l'honneur. Son expertise pour le climat, celle du cheminement vers 2050 pour une ville décarbonée, et son expérience en matière de démocratie participative sont mises en avant.

La nouvelle municipalité donnera la priorité au dialogue et à l'engagement avec les citoyens pour favoriser une approche participative.
Les premières mesures porteront sur l'établissement de responsabilités claires pour les élus afin d'améliorer les pratiques démocratiques et visent à restaurer la confiance et à redonner de l'énergie grâce au contact direct.


« Les élus sont au service de la ville, ils ne sont pas là pour se servir d'un pouvoir avec excès. C'est ce que nous vivons et je suis, par moments, très en colère et déçue en pensant que les choses se passeraient différemment. Et, je comprends aussi les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois venant me voir et me disent : « Désolé, Madame Trautmann, la dernière fois, je n'ai pas voté ! »

N'oublions pas que la pandémie de la COVID s'était invitée aux élections municipales, faussant le résultat même de façon légale.
Des problématiques telles que les transports, la mobilité et le stress du quotidien des habitants ont été soulignées.

De belles rencontres avec une équipe croyant en leur victoire.


Maxime Gruber

mercredi 3 décembre 2025

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg...

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg, témoigne.

Il est l'un des inconnus les plus célèbres de Strasbourg et le mérite bien, non, il mérite mieux !




L'urgence sociale
On en avait entendu parler pendant la campagne des municipales de 2020. Un leitmotiv répété à l'envie par Madame la maire de Strasbourg, mais cela restera qu'un slogan. « Le bouclier social », présenté depuis la campagne des municipales comme l’une des préoccupations centrales de l’exécutif, peine. Pour se démarquer des anciens mandats de la mairie, la misère ne sera plus calfeutrée, escamotée comme dans certaines villes actuelles, aux alentours de Strasbourg.

Faut-il l'exhiber ? La municipalité strasbourgeoise le fait avec un résultat opposé aux attentes. Pire, l'habitude de côtoyer des sans-abri a pris le pas, avec un rejet pour certains habitants ayant un toit au-dessus de leur tête.

Cette accoutumance va accentuer les clivages des Strasbourgeois, riches et pauvres confondus.

Le choc visuel
Ce samedi 22 novembre, après avoir assisté à la marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci, où je vis, Jeanne Barseghian avec son aréopage, venus souriants et pressés d'en finir. Je partis comme un bon piéton, en direction de la gare.

Ville déjà festive, les préparatifs pour le marché de Noël vont bon train, la plupart des futurs emplacements sont encore fermés au public, mais le féérique est là.

En arrivant à la rue de l'Outre, c'est la claque. Sous les arcades, dans le froid, un alignement de matelas, au loin trône le grand sapin de la place Kléber. La joie se mélange au malheur, les strass et les sacs de couchage, la misère et l'opulence. On peut parler d'un choc visuel sans aucune compassion.

Cliquez sur l'image pour accéder au message de la page Facebook


Le choc des réseaux sociaux
Il n'y a personne près des matelas, je laisse passer les touristes et prends des photos. Publiées sur ma page Facebook, le nombre de visionnages devient surprenant, les commentaires aussi. Je demande pourquoi les élus n'agissent pas, certains lecteurs me suivent. D'autres voulant défendre la municipalité disent que c'est à la charge de l'État, la belle affaire. On me prend à partie, je peux héberger les SDF, certains commentaires vont plus loin, les SDF ont choisi la rue, pire, ils sont irrécupérables. Encore d'autres messages sont tout simplement racistes, on prétend que les images sont créées avec l'intelligence artificielle. Les bonnes intentions se mélangent au pire…

Un proche de la municipalité me fait un tutoriel, le voici :

Maxime Gruber Petit tuto pour recevoir le prix Nobel de la paix :

Petit 1 : (Écrivez, ça va vous servir.) Arrêtez de pointer du doigt les gens de la ville.
Petit 2 : Arrêtez de faire des posts pour dénoncer (car ça ne sert visiblement pas à grand-chose).
Petit 3 : Pour que les choses bougent, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que ça marche, mais en agissant nous-mêmes. Donc je vous en prie : aidez les gens de la ville, ou prenez un sans-abri sous votre aile !
Petit 4 : Donnez ne serait-ce que 3 € et un bonjour : ce serait déjà une grande avancée. (Mais nous savons tous que la plupart ne le font pas car « il ne faut pas leur donner d’argent sinon ils vont s’acheter de la binouze ! »… Et ce sont ces mêmes personnes qui s’offusquent encore et toujours qu’ils soient dehors.)
Petit 5 : Si vous faites tout cela, alors oui, vous pourrez vous offusquer de la situation…
Petit 6 : Et si j’étais vous, j’accepterais la critique : ça forge le caractère et le civisme.

À bon entendeur, Monsieur Gruber.


Ces gens là... Monsieur !
La conclusion est qu'il n'a rien à voir, observer, je dois circuler en regardant ailleurs… Des personnes autrement sérieuses veillent.


La machine s'emballe !
En moins de 24 heures, le cap des 100 000 vues est atteint. Et, cela continue, je reçois un message d'une personnalité politique m'indiquant que je devrai m'occuper de sa communication.
Nous sommes à 212 000 vues et ce n'est pas fini. Je ne suis donc pas le seul à ressentir un malaise, l'affaire devient sérieuse.




Mais le meilleur reste à venir.

Éric, le propriétaire du matelas, me contacte.

Voici un message privé étonnant :

« Puis-je vous contacter ? La photo que vous avez prise est ma chambre à coucher. Merci. »

Je l'appelle de suite. Voici l'histoire d'Éric racontée par lui même :

« Je suis venu sur Strasbourg il y a 6 ans.

Avant cela, je travaillais non loin de Haguenau, j'avais tout, j'étais mon propre patron pendant 12 ans, j'avais une brasserie. Ensuite, j'ai tout vendu pour venir à Strasbourg.

Et, entre la vie paisible à Haguenau et celle de Strasbourg avec des personnes très différentes… il y a beaucoup de stress. De plus, j'avais un cancer à l'époque, j'ai fait un burn-out !

Plus envie de rien, j'étais couché toute la journée. Et, après, alcool aidant, on va pas se voiler la face, j'ai tout lâché. Et, en fin de compte, ma femme m'a quitté. Un jour bien sûr, je savais que ça allait me tomber dessus, huissier, police, serrurier et voilà, on vous laisse une heure pour faire vos bagages. Et je suis parti avec ma valise, mon sac à dos, sous les arcades de la rue de l'Outre. Nous sommes deux à partager l'endroit, moi et mon ami Souleymane avec nos matelas. Depuis une dizaine d'années, il est à la rue, et il a un problème avec la préfecture qui refuse de faire ses papiers. Avec son frère, il a engagé une procédure avec un avocat, on attend le résultat.

Personnellement, mon assistante sociale m'a grandement aidé et avec quatre dossiers, dont un pour un logement d'urgence… »

 
Un contexte délétère
Éric a lu les messages désobligeants à son endroit sur ma page Facebook, il me pose une question :

« En tout cas, dénigrer, comme certains de vos commentateurs, comment appelle-t-on ça ? »

Je lui réponds : « Des contradicteurs malintentionnés », et que je me réjouis d'entendre qu'il veuille s'en sortir.

Il précise que beaucoup attendent leurs papiers. Pour lui c'est sa carte d'identité, la majorité sont sur liste d'attente.

« J'ai 55 ans et toujours travaillé, en commençant à l'âge de 14 ans. Et, mes demandes actuelles à la mairie ne sont jamais considérées. Ainsi, je dois attendre, ce qui n'est pas le cas des hébergés dans le Tiny House près du port du Rhin, des migrants de l'Est. Quotidiennement, ils viennent au centre-ville. Et, nous, nous ne comptons pas ? Et, ne me parlez pas de racisme de ma part, mon ami et compagnon de chambrée, Souleymane est noir.

Certains des commentaires de votre page disent que si on est dans la rue, c'est parce qu'on est alcoolique et drogué. Ce n'est pas vrai, et nous sommes de plus en plus nombreux à la rue, et même des jeunes filles ! »

L'hommage « aux morts de la rue »
Ce samedi 1er novembre, Éric voit Mme la maire participant à l'hommage « aux morts de la rue » devant l'église Saint-Pierre-le-Vieux, à Strasbourg.

Il veut l'interpeller au sujet des logements vides dans la ville. Si elle ne pouvait pas en libérer quelques-uns pour raison sociale, faire un geste. Elle est partie de suite, des policiers l'entouraient. Il n'y aura pas de dialogue, de réponse.

Éric ne demande pas de logements de luxe pour lui et ses compagnons d'infortune, mais de petits studios. Pour qu'on ait une clé, pour qu'on puisse être au chaud, pour qu'on puisse bien dormir tranquillement, qu'on ne se fasse pas grimper dessus la nuit par des souris et des rats. C'est infernal.

Éric fait une comparaison avec les travaux pharaoniques de la ville.

« Pourquoi faire des pistes cyclables au prix de millions d'euros, en laissant la misère se propager ? Pourquoi installer des arceaux à vélos, partout ? À la Meinau, les soirs de match, quand je passe là-bas, il y a une vingtaine de vélos accrochés pour 300 arceaux. Le sens des priorités de la mairie est insensé. »



Rapt du matelas et des effets d'Éric.
Les sans-abri apprécient les maraudes distribuant nourriture, vêtements. Sans oublier l'aide des citoyens et des voisins. Éric a de bons rapports avec les commerçants de sa rue, selon lui, on peut se débrouiller pour ne pas avoir faim à Strasbourg. Nous avons aussi les Restos du cœur, dorénavant appelé "La Fringale", la maraude musulmane, il y a une petite maraude des infirmières.

La crainte vient d'ailleurs, des services de la mairie !

Viennent-t-ils vous voir ? Ma question se voulait anodine, la réponse est cinglante.

« Ah non. Justement, ce jeudi passé, trois jours avant la prise de vos photos, un ami me cherchait en vélo et me dit : Éric, file à ton squat et dépêche-toi. Ils sont en train de tout enlever.
Alors, j'ai couru vers la rue de l'Outre, et quand je suis arrivé, il y avait une camionnette de la mairie. Ils avaient tout chargé dans le véhicule, quatre policiers municipaux étaient autour.
J'arrive et commence à m'énerver. Un policier me dit que c'est trop tard : on vous avait prévenu ! Alors, je demande : qui m'a prévenu ?
Entre temps, mon ami Souleymane a emmené ses affaires plus loin.
Les miennes sont parties pour la déchetterie. C'est impressionnant, tout le matériel était neuf, on me l'avait donné, ce n'était pas de la récupération ! »


La bienveillance des Strasbourgeois, des voisins et des touristes
Des passants qui le connaissaient ont vu son désarroi. Une demi-heure après, ils sont de retour et lui remettent des couettes et des couvertures. Éric précise que les commerçants sont toujours bienveillants, les Strasbourgeois et les touristes aussi.

Éric veut travailler
Je décide d'aller sur place en soirée. Trois personnes sont sous les arcades, je reconnais de suite, Éric, grâce à sa photo dans Facebook. Un homme alerte ayant l'aspect d'une personne sans histoire, un Strasbourgeois comme il y en a d'autres.

À mon grand étonnement, il me reconnaît de suite et vient à moi. Ses amis bienveillants le suivent. Je ne m'étais pas trompé, ce sont des types bien, nous sommes un peu émus. Eric s'excuse étant un peu honteux de sa situation. Je le rassure, personne n'est immunisé de ce genre de descente aux enfers.

Pourquoi veut-il un lieu propre et une douche pour s'en sortir ? Pour être présentable à son futur emploi.


« Imaginez-vous comme un boucher-cuisinier allant travailler de cette façon, se levant sous les arcades, sans se doucher, sans se raser. J'ai toujours été propre sur moi, mais là, je ne pourrai pas. Les cuisiniers doivent être présentables en allant au travail et commencent le matin à 8 heures ou 9 heures du matin. Les douches des associations n'ouvrent qu'à 9 heures. Ainsi, je serai continuellement en retard. Il est inconcevable de travailler et de dormir dehors… »

Son ami Souleymane, à son tour, me parle longuement de ses galères. Il a fait ses études en France mais ne parvient pas à avoir depuis une bonne décennie les papiers de la préfecture. Il confirme la confiscation des affaires d'Éric. Leur anonymat imposé, leur transparence voulue. Heureusement, des associations veillent.

Comment donner le coup de pouce pour qu'Éric retrouve un emploi.
Je vais droit au but : boit-t-il ? Il répond : modérément.

Mon ultime question :

« Au cas où vous trouveriez un appartement chaud avec une salle de bain, que vous ayez des vêtements corrects, vous pourriez immédiatement travailler ? »

Sa réponse en un mot : oui !


Ainsi, je peux remettre son CV à toute personne intéressée, merci de me le demander par mail.


Maxime Gruber.
maxime.gruber.presse@gmail.com


lundi 1 décembre 2025

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg...

Éric, le SDF dormant à quelques mètres du sapin de la place Kléber à Strasbourg, témoigne.

Il est l'un des inconnus les plus célèbres de Strasbourg et le mérite bien, non, il mérite mieux !





L'urgence sociale
On en avait entendu parler pendant la campagne des municipales de 2020. Un leitmotiv répété à l'envie par Madame la maire de Strasbourg, mais cela restera qu'un slogan. « Le bouclier social », présenté depuis la campagne des municipales comme l’une des préoccupations centrales de l’exécutif, peine. Pour se démarquer des anciens mandats de la mairie, la misère ne sera plus calfeutrée, escamotée comme dans certaines villes actuelles, aux alentours de Strasbourg.

Faut-il l'exhiber ? La municipalité strasbourgeoise le fait avec un résultat opposé aux attentes. Pire, l'habitude de côtoyer des sans-abri a pris le pas, avec un rejet pour certains habitants ayant un toit au-dessus de leur tête.

Cette accoutumance va accentuer les clivages des Strasbourgeois, riches et pauvres confondus.

Le choc visuel
Ce samedi 22 novembre, après avoir assisté à la marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci, où je vis, Jeanne Barseghian avec son aréopage, venus souriants et pressés d'en finir. Je partis comme un bon piéton, en direction de la gare.

Ville déjà festive, les préparatifs pour le marché de Noël vont bon train, la plupart des futurs emplacements sont encore fermés au public, mais le féérique est là.

En arrivant à la rue de l'Outre, c'est la claque. Sous les arcades, dans le froid, un alignement de matelas, au loin trône le grand sapin de la place Kléber. La joie se mélange au malheur, les strass et les sacs de couchage, la misère et l'opulence. On peut parler d'un choc visuel sans aucune compassion.



Le choc des réseaux sociaux
Il y a personne près des matelas, je laisse passer les touristes et prends des photos. Publiées sur ma page Facebook, le nombre de visionnages devient surprenant, les commentaires aussi. Je demande pourquoi les élus n'agissent pas, certains lecteurs me suivent. D'autres voulant défendre la municipalité disent que c'est à la charge de l'État, la belle affaire. Certains me prennent à partie, je peux héberger les SDF, certains commentaires vont plus loin, les SDF ont choisi la rue, pire, ils sont irrécupérables. Encore d'autres messages sont tout simplement racistes, on prétend que les images sont créées avec l'intelligence artificielle. Les bonnes intentions se mélangent au pire…

Un proche de la municipalité me fait un tutoriel, le voici :

Maxime Gruber Petit tuto pour recevoir le prix Nobel de la paix :

Petit 1 : (Écrivez, ça va vous servir.) Arrêtez de pointer du doigt les gens de la ville.
Petit 2 : Arrêtez de faire des posts pour dénoncer (car ça ne sert visiblement pas à grand-chose).
Petit 3 : Pour que les choses bougent, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que ça marche, mais en agissant nous-mêmes. Donc je vous en prie : aidez les gens de la ville, ou prenez un sans-abri sous votre aile !
Petit 4 : Donnez ne serait-ce que 3 € et un bonjour : ce serait déjà une grande avancée. (Mais nous savons tous que la plupart ne le font pas car « il ne faut pas leur donner d’argent sinon ils vont s’acheter de la binouze ! »… Et ce sont ces mêmes personnes qui s’offusquent encore et toujours qu’ils soient dehors.)
Petit 5 : Si vous faites tout cela, alors oui, vous pourrez vous offusquer de la situation…
Petit 6 : Et si j’étais vous, j’accepterais la critique : ça forge le caractère et le civisme.

À bon entendeur, Monsieur Gruber.


Ces gens là... Monsieur !
La conclusion est qu'il n'a rien à voir, observer, je dois circuler en regardant ailleurs… Des personnes autrement sérieuses veillent.


La machine s'emballe !
En moins de 24 heures, le cap des 100 000 vues est atteint. Et, cela continue, je reçois un message d'une personnalité politique m'indiquant que je devrai m'occuper de sa communication.
Nous sommes à 212 000 vues et ce n'est pas fini. Je ne suis donc pas le seul à ressentir un malaise, l'affaire devient sérieuse.




Mais le meilleur reste à venir.

Éric, le propriétaire du matelas, me contacte.

Voici un message privé étonnant :

« Puis-je vous contacter ? La photo que vous avez prise est ma chambre à coucher. Merci. »

Je l'appelle de suite. Voici l'histoire d'Éric racontée par lui même :

« Je suis venu sur Strasbourg il y a 6 ans.

Avant cela, je travaillais non loin de Haguenau, j'avais tout, j'étais mon propre patron pendant 12 ans, j'avais une brasserie. Ensuite, j'ai tout vendu pour venir à Strasbourg.

Et, entre la vie paisible à Haguenau et celle de Strasbourg avec des personnes très différentes… il y a beaucoup de stress. De plus, j'avais un cancer à l'époque, j'ai fait un burn-out !

Plus envie de rien, j'étais couché toute la journée. Et, après, alcool aidant, on va pas se voiler la face, j'ai tout lâché. Et, en fin de compte, ma femme m'a quitté. Un jour bien sûr, je savais que ça allait me tomber dessus, huissier, police, serrurier et voilà, on vous laisse une heure pour faire vos bagages. Et je suis parti avec ma valise, mon sac à dos, sous les arcades de la rue de l'Outre. Nous sommes deux à partager l'endroit, moi et mon ami Souleymane avec nos matelas. Depuis une dizaine d'années, il est à la rue, et il a un problème avec la préfecture qui refuse de faire ses papiers. Avec son frère, il a engagé une procédure avec un avocat, on attend le résultat.

Personnellement, mon assistante sociale m'a grandement aidé et avec quatre dossiers, dont un pour un logement d'urgence… »

 
Un contexte délétère
Éric a lu les messages désobligeants à son endroit sur ma page Facebook, il me pose une question :

« En tout cas, dénigrer, comme certains de vos commentateurs, comment appelle-t-on ça ? »

Je lui réponds : « Des contradicteurs malintentionnés », et que je me réjouis d'entendre qu'il veuille s'en sortir.

Il précise que beaucoup attendent leurs papiers. Pour lui c'est sa carte d'identité, la majorité sont sur liste d'attente.

« J'ai 55 ans et toujours travaillé, en commençant à l'âge de 14 ans. Et, mes demandes actuelles à la mairie ne sont jamais considérées. Ainsi, je dois attendre, ce qui n'est pas le cas des hébergés dans le Tiny House près du port du Rhin, des migrants de l'Est. Quotidiennement, ils viennent au centre-ville. Et, nous, nous ne comptons pas ? Et, ne me parlez pas de racisme de ma part, mon ami et compagnon de chambrée, Souleymane est noir.

Certains des commentaires de votre page disent que si on est dans la rue, c'est parce qu'on est alcoolique et drogué. Ce n'est pas vrai, et nous sommes de plus en plus nombreux à la rue, et même des jeunes filles ! »

L'hommage « aux morts de la rue »
Ce samedi 1er novembre, Éric voit Mme la maire participant à l'hommage « aux morts de la rue » devant l'église Saint-Pierre-le-Vieux, à Strasbourg.

Il veut l'interpeller au sujet des logements vides dans la ville. Si elle ne pouvait pas en libérer quelques-uns pour raison sociale, faire un geste. Elle est partie de suite, des policiers l'entouraient. Il n'y aura pas de dialogue, de réponse.

Éric ne demande pas de logements de luxe pour lui et ses compagnons d'infortune, mais de petits studios. Pour qu'on ait une clé, pour qu'on puisse être au chaud, pour qu'on puisse bien dormir tranquillement, qu'on ne se fasse pas grimper dessus la nuit par des souris et des rats. C'est infernal.

Éric fait une comparaison avec les travaux pharaoniques de la ville.

« Pourquoi faire des pistes cyclables au prix de millions d'euros, en laissant la misère se propager ? Pourquoi installer des arceaux à vélos, partout ? À la Meinau, les soirs de match, quand je passe là-bas, il y a une vingtaine de vélos accrochés pour 300 arceaux. Le sens des priorités de la mairie est insensé. »



Rapt du matelas et des effets d'Éric.
Les sans-abri apprécient l'aide des maraudes distribuant nourriture, vêtements. Sans oublier l'aide des citoyens et des voisins. Éric a de bons rapports avec les commerçants de sa rue, selon lui, on peut se débrouiller pour ne pas avoir faim à Strasbourg. Nous avons aussi les Restos du cœur, dorénavant appelé "La Fringale", la maraude musulmane, il y a une petite maraude des infirmières.

La crainte vient d'ailleurs, des services de la mairie !

Viennent-t-ils vous voir ? Ma question se voulait anodine, la réponse est cinglante.

« Ah non. Justement, ce jeudi passé, trois jours avant la prise de vos photos, un ami me cherchait en vélo et me dit : Éric, file à ton squat et dépêche-toi. Ils sont en train de tout enlever.
Alors, j'ai couru vers la rue de l'Outre, et quand je suis arrivé, il y avait une camionnette de la mairie. Ils avaient tout chargé dans le véhicule, quatre policiers municipaux étaient autour.
J'arrive et commence à m'énerver. Un policier me dit que c'est trop tard : on vous avait prévenu ! Alors, je demande : qui m'a prévenu ?
Entre temps, mon ami Souleymane a emmené ses affaires plus loin.
Les miennes sont parties pour la déchetterie. C'est impressionnant, tout le matériel était neuf, on me l'avait donné, ce n'était pas de la récupération ! »


La bienveillance des Strasbourgeois, des voisins et des touristes
Des passants qui le connaissaient ont vu son désarroi. Une demi-heure après, ils sont de retour et lui remettent des couettes et des couvertures. Éric précise que les commerçants sont toujours bienveillants, les Strasbourgeois et les touristes aussi.

Éric veut travailler
Je décide d'aller sur place en soirée. Trois personnes sont sous les arcades, je reconnais de suite, Éric, grâce à sa photo dans Facebook. Un homme alerte ayant l'aspect d'une personne sans histoire, un Strasbourgeois comme il y en a d'autres.

À mon grand étonnement, il me reconnaît de suite et vient à moi. Ses amis bienveillants le suivent. Je ne m'étais pas trompé, ce sont des types bien, nous sommes un peu émus. Eric s'excuse étant un peu honteux de sa situation. Je le rassure, personne n'est immunisé de ce genre de descente aux enfers.

Pourquoi veut-il un lieu propre et une douche pour s'en sortir ? Pour être présentable à son futur emploi.


« Imaginez-vous comme un boucher-cuisinier allant travailler de cette façon, se levant sous les arcades, sans se doucher, sans se raser. J'ai toujours été propre sur moi, mais là, je ne pourrai pas. Les cuisiniers doivent être présentables en allant au travail et commencent le matin à 8 heures ou 9 heures du matin. Les douches des associations n'ouvrent qu'à 9 heures. Ainsi, je serai continuellement en retard. Il est inconcevable de travailler et de dormir dehors… »

Son ami Souleymane, à son tour, me parle longuement de ses galères. Il a fait ses études en France mais ne parvient pas à avoir depuis une bonne décennie les papiers de la préfecture. Il confirme la confiscation des affaires d'Éric. Leur anonymat imposé, leur transparence voulue. Heureusement, des associations veillent.

Comment donner le coup de pouce pour qu'Éric retrouve un emploi.
Je vais droit au but : boit-t-il ? Il répond : modérément.

Mon ultime question :

« Au cas où vous trouveriez un appartement chaud avec une salle de bain, que vous ayez des vêtements corrects, vous pourriez immédiatement travailler ? »

Sa réponse en un mot : oui !


Ainsi, je peux remettre son CV à toute personne intéressée, merci de me le demander par mail.


Maxime Gruber.
maxime.gruber.presse@gmail.com



lundi 29 septembre 2025

Désorienté par la politique de la ville ? Prenez votre « boussole » !

Désorienté par la politique de la ville ? Prenez votre « boussole » !

L'appel du 26 septembre à Strasbourg de Chantal Cutajar présidente du mouvement CAP 21.


L'assemblée a eu lieu dans la magnifique salle du FEC de Strasbourg. Les candidats de l'arc républicain pour les élections municipales ont été invités ; frileux, ils se sont excusés. Thibaut Vinci mandaté par le Parti radical de gauche pour ces élections est présent. La salle se remplit progressivement d'une quarantaine de personnes.
Un détail important, au milieu de l'assemblée, une grande représentation d'une boussole est posée au sol. L'emblème de cet appel au rassemblement.

Ambiance studieuse et bon enfant, bien loin des réunions emplies de drames et d'allusions déplacées, coutumières de certains mouvements politiques.




Les quatre points cardinaux
La boussole nous avait dévoilé les thèmes pour des propositions urgentes et concrètes.

République & laïcité – le cadre commun
Co-construire la démocratie – la méthode
Exemplarité des élus – la garantie
Protéger le vivant – la finalité


Du 15 au 18 septembre, un travail collectif a été fait pour dégager des propositions urgentes et concrètes. “Nous ne voulons pas d’un catalogue de mesures technocratiques. Nous voulons des propositions simples, concrètes, issues du terrain, capables de changer la vie des Strasbourgeois dans les six prochains mois de l’alternance.”

Chantal Cutajar présente la méthodologie de la boussole
« Ce n’est pas un simple constat. C’est une alerte.
Une alerte sur l’état de notre démocratie, de notre ville, de notre avenir commun.
Alors ce soir, nous allons oser quelque chose d’audacieux. Nous allons poser ensemble un cap collectif parce que : ce n’est pas un simple constat. C’est une alerte sur l’état de notre démocratie, de notre ville, de notre avenir commun... Mais soyons lucides : il n’y aura pas de changement sans un véritable rassemblement qui dépasse les étiquettes partisanes où les citoyens exigent de leurs responsables politiques qu’ils laissent de côté leurs rivalités pour se mobiliser enfin pour le bien commun.
C’est cette exigence, qui a donné naissance à la Boussole de Strasbourg. »


Les invités s'expriment
On apprend que des acteurs de différentes associations ont une démarche similaire pour la transparence dans une véritable démocratie locale sont présents et apprécient la démarche. Chacun à son tour, ils prennent la parole pour un pragmatisme au-delà des clivages politiques.

Voici les propositions suite aux quatre réunions à thèmes

1er pôle : La République et la laïcité – le cadre commun
Dès le premier conseil municipal, une proposition sera adoptée pour une Charte de la laïcité et des valeurs républicaines pour la Ville de Strasbourg.

« Chaque année, Strasbourg organisera la cérémonie solennelle des « Jeunes citoyens européens de Strasbourg ». Les élèves de CM2 recevront un diplôme symbolique affirmant leur double appartenance à la République et à l’Europe démocratique.

2ème pôle : La méthode : la co-construction
La proposition est de créer une Assemblée de la Participation Citoyenne – permanente et tripartite – avec des citoyens, des élus et des agents publics à parts égales.

Et, aussi... un Guichet citoyen pour l’Europe — un lieu simple, proche et efficace. Pour expliquer ce que l’Europe peut faire pour nous : aides, programmes, opportunités — sans jargon, avec des exemples concrets.

3ème pôle : l’exemplarité des élus – la garantie
Il s'agit d'un projet de création d’un Code de déontologie municipal contraignant pour les élus de Strasbourg, adopté en Conseil municipal et assorti d’un comité de suivi citoyen. Et, l'instauration d'une Journée européenne de l’intégrité publique, chaque 9 décembre, date de la Journée internationale de lutte contre la corruption. Vaste programme.

4ème pôle : la finalité, protéger le vivant
La proposition est emblématique, dès les six premiers mois de l’alternance, Strasbourg deviendra la première grande ville européenne à déployer un système municipal d’alerte climatique en temps réel.

Il s'agit de protéger le vivant de manière utile et concrète pour :
sauver des vies lors des canicules, réduire la pollution, créer des emplois locaux et valoriser nos chercheurs et nos laboratoires. Le tout avec un comité éthique et citoyen, garantissant la transparence, la protection des données et la priorité donnée aux plus fragiles.

Chantal Cutajar - La Boussole - Cap 21



Appel au rassemblement
Chantal Cutajar précise que les propositions sont pour tous les Strasbourgeois et strasbourgeoises et à tous les candidats déjà déclarés et celles et ceux qui voudraient se présenter.
La raison de la boussole ?
« Strasbourg n’a pas besoin d’une alternance molle, ni d’un rejet par défaut. Elle a besoin d’une refondation démocratique et éthique.
Le rassemblement que nous appelons, ce n’est pas celui des étiquettes ou des calculs d’appareil.
C’est celui du bien commun. »


Un rapprochement du PRG avec Cap21 ?
Thibault Vinci candidat du PRG semble séduit par cette démarche, il faut l'avouer, aux antipodes des grandes messes électorales. Son parti va-t-il se munir de la Boussole pour un partenariat avec Cap21 ? C'est possible.
La réunion se finit par la signature de la grande image de la Boussole posée au sol par les participants et les invités.

La Boussole devient itinérante pour se rapprocher de vous.
Dans les prochaines semaines, la Boussole s’installera dans plusieurs quartiers.
Elle partagera les propositions issues des réunions, recueillera des contributions et élargira le consensus autour du cap adopté.

Les premières étapes :
4 octobre : Marché des Producteurs, rue de la Douane
11 octobre : Marché du Neudorf
18 octobre : Marché de la Marne

Bon vent à la Boussole et bon cap !

Maxime Gruber


dimanche 14 septembre 2025

« La Boussole », une démarche citoyenne pour restaurer la confiance des Strasbourgeois

« La Boussole », une démarche citoyenne pour restaurer la confiance des Strasbourgeois

Suite au séisme du sondage Ifop mettant à mal la mairie verte, il est temps pour l'éventuelle alternance de repartir sur des bases réellement démocratiques et éthiques


Voici une conférence de presse qui tombe fort à propos
Ce 10 septembre 2025, Chantal Cutajar, présidente de CAP 21 – Le Rassemblement Citoyen, a présenté l’opération « La Boussole », une méthode faisant sourire la mairie de Strasbourg et ses médias inféodés. Pourquoi prendre au sérieux ce petit poisson politique ? Mais, depuis ce 12 septembre-là, la publication du sondage Ifop, seuls 27 % des Strasbourgeois souhaitent la réélection de l'équipe de Jeanne Barseghian, contre 70 % qui y sont opposés. Le plus fort rejet national.
Contre toute attente, les petits poissons opposés à la baleine de la majorité municipale se sont mués en piranhas. Les apparences sont trompeuses et la réalité des élections en plein COVID a montré les limites. La baleine est, depuis le début du mandat, qu'un tigre de papier.




Le constat étriqué de la mairie : une crise de confiance à Strasbourg
Entourée de Murzieh Flaischer, de Aïssata Licop et de Thierry Parat, Chantal Cutajar nous dresse un constat des plus alarmants.
  • La démocratie locale s’est réduite à des consultations de façade, comme l’a illustré l’échec du projet de tram nord retoqué par la commission d’enquête.
  • Les fractures sociales se creusent : dans plusieurs quartiers, les habitants expriment un sentiment d’abandon et de défiance.
  • L’écologie, pourtant essentielle, est trop souvent perçue comme punitive, imposée sans concertation ni pédagogie.
  • Enfin, certains gestes symboliques – comme le retrait du drapeau israélien de l’Hôtel de Ville – ont fragilisé le cadre républicain et la cohésion de la ville. La conclusion est sans appel :
« Strasbourg a perdu son cap. Quand une ville perd son cap, elle se condamne à l’abstention ou à la colère. La Boussole veut redonner du sens et une direction claire. Les Strasbourgeois n’attendent pas des promesses, ils attendent qu’on les respecte, qu’on les écoute et qu’on les associe aux décisions. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas l’expertise, c’est la confiance. »



La démarche de la Boussole
Il s'agit de répondre aux attentes des Strasbourgeois.
Une démocratie réellement partagée : initiative et contrôle citoyen.
Une écologie réconciliée avec l’économie, positive et concrète.
Des élus exemplaires et transparents.
Plus de sécurité, de solidarité et de perspectives pour l’avenir.

Quatre réunions
La Boussole propose des soirées publiques de 18h30 à 20h30 sur ces quatre thèmes.
15 septembre : République & laïcité – le cadre commun
16 septembre : Co-construire la démocratie – la méthode
17 septembre : Exemplarité des élus – la garantie
18 septembre : Protéger le vivant – la finalitéDeux propositions seront formulées à chaque soirée :
Une locale pour le quotidien des Strasbourgeois
Une européenne, pour affirmer Strasbourg comme capitale européenne.

La participation est gratuite, mais l'inscription est obligatoire.
https://fr.surveymonkey.com/r/PDDSK8D



L’Assemblée du CAP collectif et partagé
Ce sera le 26 septembre à 18h30 à la salle Léon XIII au FEC de Strasbourg au
17 Pl. Saint-Étienne, 67000 Strasbourg.

Vous serez les acteurs de :
« La restitution et la validation des propositions issues des soirées.
La signature collective sur une grande boussole au sol : un symbole fort et visuel.
L'adoption d’un cap collectif et partagé pour Strasbourg.»

« Un moment fondateur pour poser publiquement les bases d’un rassemblement large et crédible pour 2026, enraciné localement et tourné vers l’Europe.
Cette démarche n’est pas une addition de partis ni une candidature solitaire.
C’est une initiative citoyenne et politique pour fixer un cap commun.
Tous ceux qui adhèrent à ce cap, citoyens et représentants élus, sont appelés à contribuer. »

« Une boussole pour retrouver un cap »




Maxime Gruber











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